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Début des camps de hockey élite

Que pensent les dépisteurs et entraîneurs de la LNH

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©www.lechoabitibien.ca

Par : François Landreville

Depuis deux semaines, les camps d’entraînements des structures intégrées sont commencés. Pour ceux qui ne connaissent pas le hockey, structure intégrée veut dire l’élite (pee-wee AA et AAA, bantam AA et AAA ainsi que midget espoir). D’une année à l’autre, les gens de Hockey Québec y changent le nom, pour AAA D-1 ou AAA D-2, mais le principe reste le même. Également, depuis maintenant une semaine, les camps de hockey midget AAA sont commencés. Ce qui met la table pour les camps de la LHJMQ en fin de semaine.

Je suis chanceux, car mon métier, à part le journalisme sportif, est d’entraîner plusieurs joueurs provenant de ces différents niveaux de hockey. Cet été, j’ai entraîné sur glace et hors glace environ 70 joueurs. Majoritairement des joueurs de la Ligue nationale de hockey , de la Ligue américaine de hockey (clubs-écoles de la LNH) et de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). En juin dernier, à Buffalo, était présenté le repêchage de la LNH. Ce fut la pire année pour la LHJMQ au niveau des joueurs repêchés. De par mon emploi, j’ai la chance de côtoyer des entraîneurs et dépisteurs de la LNH. Alors j’ai cru bon faire un exercice et leur demander pourquoi si peu de joueurs québécois sont repêchés. Également, je leur ai demandé ce que nous devrions faire pour changer ces statistiques.

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©www.rds.ca

Hockey mineur incluant la structure intégrée et le midget AAA

D’après les dépisteurs et entraîneurs, nous ne faisons pas assez de développement individuel avec nos jeunes. L’accent est mis trop rapidement sur des systèmes de jeu (sortie de zone, échec avant, etc…). Le problème, selon les dépisteurs, c’est que les entraîneurs mettent trop l’accent sur la victoire. Ceci devient un cercle vicieux, car en mettant l’accent sur la victoire, l’entraîneur laisse des jeunes sur le banc pour gagner des matchs. Où est le développement là-dedans? En effet, je suis d’accord avec eux. C’est d’envoyer un mauvais message aux jeunes joueurs. Alors pourquoi choisir 15 joueurs, quand cinq d’entre eux resteront sur le banc plus souvent qu’à leur tour de me dire un dépisteur. La réponse est simple, le coach aussi veut monter dans le hockey et espérer, un jour, diriger une équipe de calibre supérieur. Alors le développement individuel du jeune prend le bord.

Est-ce pareil pour la Ligue de développement Midget AAA du Québec? Effectivement, si vous prenez le temps de voir plusieurs de ces matchs, vous vous apercevrez rapidement, que plusieurs entraîneurs dans cette ligue utilisent deux trios sur quatre. Malheureusement, encore une fois, montrer un système de jeu au lieu des habiletés individuelles est plus facile, car à ce niveau, tu te dois d’engager un spécialiste du développement de joueurs de hockey. Est-ce une question de budget ou la peur de perdre son job si le coach ne gagne pas? Malheureusement, quelques équipes seulement engagent des spécialistes du développement individuel, et peu d’équipes font jouer tous les jeunes (quatre trios) régulièrement et dans toutes les situations. Nous connaissons ces quelques équipes de me dire un dépisteur, et c’est ce que toutes les équipes midget AAA devraient faire.

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©www.journalereflet.com

Pourquoi ne pas repêcher de joueurs de la LHJMQ?

Comparativement aux joueurs de l’Ontario et de l’Ouest canadien, les joueurs québécois sont moins robustes. Oui, il y a des exceptions, mais ils se font rares ici de me dire un dépisteur de la LNH. Il me fait remarquer qu’il y a de plus en plus de joueurs provenant d’Europe et des États-Unis qui évoluent dans la LHJMQ. En Europe, ils mettent l’accent sur le développement individuel des athlètes, et ce jusqu’au niveau midget. C’est la raison pour laquelle nous voyons ces équipes nous battre lors d’événements internationaux (Championnat mondial junior, Olympiques, etc.). De moins en moins de joueurs québécois réussissent à percer et à jouer dans la LNH aujourd’hui. Alors je pose cette question à un dépisteur…pourquoi y a-t-il tant de joueurs québécois invités à des camps de la LNH? Et bien, souvent nous ne sommes pas assez certains pour repêcher un joueur, mais voulons quand même voir s’il pourrait évoluer dans notre filiale de la LAH ou peut-être même faire bonne impression et causer une surprise. De plus, quand nous repêchons un joueur de la LHJMQ, nous avons seulement deux ans pour le signer alors qu’en repêchant un jeune provenant de la NCAA ou d’Europe, nous avons plus de temps soit quatre ans. Alors un moindre risque pour nous.

Alors je m’adresse aux parents… est-ce que votre enfants s’amuse? Croyez-vous qu’en gardant votre enfant sur la glace douze mois par année qu’il sera meilleur? Est-ce que vous mettez trop de pression sur votre enfant en vivant un rêve à travers lui? D’après les dépisteurs et entraîneurs professionnels, si nous ne changeons pas notre mentalité, il y aura de moins en moins de joueurs québécois jouant au hockey professionnel dans le futur. Bref, plusieurs semblent oublier que le hockey reste un jeu. Bonne saison à tous…

Texte révisé par : Annie Simard