Au coeur de l’incomparable Klô Pelgag

Inoubliables vibrations thoraciques

klo2©Victor Diaz Lamich /Francofolies 2017

Par : Marie-Claude Lessard

Quelques mois après un lancement-spectacle plutôt éclaté mettant en scène des animaux en peluche, Klô Pelgag est retournée à Montréal hier soir pour présenter en version symphonique les compositions de son deuxième album, L’étoile thoracique. Une frénésie régnait dans la pénombre du Théâtre Maisonneuve, annonçant une soirée inusitée et teintée de chaleur.

Pour mettre la table, le chanteur Mon Doux Saigneur a pris place dans un mince faisceau de lumière. Ayant pour seul accompagnement quelques guitares, le chanteur, Emerick St-Cyr de son vrai nom, a offert les pièces issues de son EP. Celui qui lancera son tout premier album en septembre prochain a happé le public par sa voix singulière empreinte d’émotions avant de le divertir avec son authentique attitude délicieusement nonchalante.

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Après un bref entracte, le plat principal s’est enfin déployé. Les membres de l’Orchestre du Temple Thoracique, portant à propos une cage thoracique rouge, ont amorcé le concert avec l’hypnotique pièce Apparition de la sainte-étoile thoracique. À l’arrière-scène, un impressionnant cœur gonflable emprisonné dans un thorax crachait à l’occasion de la fumée et projetait tantôt une lueur romantique, tantôt des lumières saccadées. Cet objet scénique a rehaussé la qualité de cette production, permettant également d’embarquer avec plus d’aisance dans l’univers déjanté de la chanteuse.

Il faut dire que Chloé Pelletier-Gagnon ne ressemble à personne d’autre dans l’industrie musicale québécoise. Âgée de 26 ans, elle propose une poésie haute en images et en réflexions sur le monde qui l’entoure. Vêtue d’une ample robe rouge avec manches bouffantes, celle qui a opté pour une démarche rappelant celle d’un crabe (on dit crabe, mais la gestuelle est ici sujette à bien des interprétations) a débuté son tour de chant avec l’excellente Samedi soir à la violence.

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La chanteuse, sautillant énergiquement avec l’innocence d’une enfant, a tôt fait de souligner que sa priorité s’avère être la musique. Elle ne pouvait mieux dire, car les non-initiés devaient se rabattre sur les sublimes mélodies puisqu’il était ardu de cerner tous les mots des textes, aussi jolis soient-ils. La prononciation et le débit de l’artiste laissaient à désirer, ce qui n’a pas permis aux titres Les ferrofluides-fleurs, Le sexe des étoiles, Les instants d’équilibre ou encore Les animaux d’atteindre un état de Nirvana et de faire éclore tous leurs sens cachés.

Heureusement, la toute nouvelle lauréate du prix Félix Leclerc frappait dans le mille lorsqu’elle atteignait des hautes notes ou suivait le rythme de la musique avec des onomatopées. Un sentiment lyrique enveloppait alors tout le théâtre. Le répertoire choisi pour ce spectacle s’articulait autour de l’album L’étoile thoracique. Seule une chanson extraite du premier album, L’alchimie des monstres, a été attendue lors du rappel. Les corbeaux a été interprétée uniquement au piano. On aurait pris plus de ces moments acoustiques, principalement car ils permettaient une meilleure compréhension des paroles.

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Klô a démontré une maîtrise rafraîchissante lors de ses interventions décousues. Elle a délecté la foule conquise d’avance avec ses anecdotes sur sa guitare électrique blanche trouvée dans une poubelle et sur l’origine de la chanson Au musée Grévin. Pétillante, l’artiste qui ne se prend drôlement pas au sérieux a offert une soirée intime, absolument magique pour les yeux et les oreilles. Les quelques petits accrocs n’ont point empêché les spectateurs de sortir de la salle comblés.

Texte révisé par : Bianca Beato

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