Angèle Dubeau, La Pietà et Einaudi

Ou comment avoir les yeux dans l’eau pendant 75 minutes

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Par : Marie-Claude Lessard

Angèle Dubeau, accompagnée de sa fidèle Pietà, aime revisiter les oeuvres de compositeurs contemporains, toujours vivants, (fait plutôt rare en musique classique !) en leur consacrant un album, toutes regroupées dans la série Portrait. Après John Adams, Philip Glass et Arvo Pärt, c’est au tour du grand pianiste italien Ludovico Einaudi (qui sera d’ailleurs de passage dans la grande métropole en octobre prochain) de faire l’objet, en 2015, d’un magnifique disque récipiendaire du Félix de l’album de l’année classique/orchestre et grand ensemble. Joué sur scène pour une première fois en novembre dernier, à la Maison symphonique de Montréal, le spectacle honorant Einaudi a terminé sa courte vie sur les planches du Théâtre du Nouveau Monde le 2 juillet, après trois spectacles fort populaires présentés dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal.

Avec la précieuse aide de l’altiste François Vallières, Angèle Dubeau et les treize demoiselles formant La Pietà ont transporté la touche unique de Ludovico Einaudi à un autre niveau en lui insufflant des textures musicales différentes, et en mettant l’accent sur d’autres instruments que le piano, outil de prédilection du compositeur. Séparé en bloc de trois chansons appartenant à un univers sonore similaire, le concert est parvenu à transcender l’âme du public. Les cordes, le piano et la harpe se mariaient à merveille, se servant des forces de chacun pour offrir des mélodies accrocheuses, planantes et d’une beauté inouïe. Les pièces, touchantes à souhait par leur simplicité, ont inévitablement déclenché des souvenirs marquants dans l’esprit des spectateurs. Bouleversés par  cet éveil d’odeurs, de couleurs et de textures, certains fermaient les yeux, cherchant à ne pas quitter cette réconfortante bulle, alors que d’autres, comme moi, ne pouvaient empêcher les larmes de couler. Et cela a fait un bien immense ! Angèle Dubeau et La Pietà ont offert un savoureux et nécessaire moment d’accalmie et d’introspection.

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Les titres, qui ont suscité chez moi le plus d’émotions, ont été Time Lapse, Life, Burning, Indaco ainsi que le bloc final assemblant les coups de cœur d’Angèle Dubeau, dont la magistrale et plus grande que nature Experience que l’on peut déguster sur la trame sonore des films Mommy et Samba. Le rappel signé Maxime Goulet, une divertissante composition permettant à chaque musicienne de mettre en valeur son instrument, était également fort sympathique.

L’album Ludovico Einaudi : Portrait est disponible sur le Site Internet de la maison Analekta.

Texte révisé par : Louise Bonneau

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