22 Câline de blues

Leçon de rock

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 ©Véronyc Vachon/MatTv.ca

Par Maxime D.-Pomerleau

Clin d’œil à la fameuse Câline de blues de Pierre Harel, pièce qu’on retrouve sur Offenbach Soap Opera paru en 1971, le spectacle 22 Câline de blues regroupe sous une même voix 22 pièces qui ont marqué le répertoire populaire québécois pour leur poésie, leurs mélodies, leur bagage identitaire. Imaginé et conçu par Mario Saint-Amand, le spectacle a pris son envol au Théâtre St-Denis le 28 janvier dernier à la fois sur les planches et sur disque.

On connaissait Mario Saint-Amand pour ses rôles au théâtre et à la télévision mais c’est surtout son impressionnante interprétation de Gerry Boulet au cinéma qui a révélé les multiples talents de l’acteur au grand public. Le spectacle s’adresse aux nostalgiques mais aussi aux curieux de découvrir ce segment de notre culture musicale ailleurs que dans les bars karaoké.

Dans 22 Câline de blues, Saint-Amand rend hommage aux paroliers de cette période fructueuse des années 70 et 80 où le Québec a produit de grands hymnes rassembleurs qui trouvent encore écho dans les cœurs aujourd’hui. On a droit à une véritable leçon d’histoire du rock québécois avec l’anecdote racontée avant chaque pièce. Il est fascinant de l’entendre parler des rencontres décisives entre Gerry et Pierre Huet ou Jean Hould, des sessions d’enregistrement, de la naissance de chansons mythiques comme Promenade sur mars; et l’on se rend compte, que comme c’est encore le cas aujourd’hui, le milieu de la musique était tissé serré et l’inspiration était puisée dans le quotidien.

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Seul bémol : autant l’interprétation des chansons est prenante, autant Mario donne parfois l’impression d’être pris entre son rôle de conteur et celui de chanteur. Certaines pièces gagneraient en tonus si l’acteur se laissait plus aller à chanter au lieu de jouer le chanteur. On le sent coincé ou préoccupé par le rendu de sa performance au lieu de suivre simplement la musique et laisser parler ses tripes. Cela donne l’impression que l’ensemble est trop placé et chorégraphié. La voix est juste mais l’émotion reste prise dans son corps.

On veut plus de moments comme 40 ans de blues qui nous secoue l’échine et nous donne le goût de se lever pour danser. Chus un rocker nous amenait dans cette voie mais trop souvent l’espace est envahit par la musique plutôt que par la voix de Saint-Amand. Le spectacle en général contient quelques longueurs et le déroulement pourrait être resserré mais il serait difficile de couper dans les anecdotes ou les chansons sans amputer l’une ou l’autre.

Malgré ce défaut de mise en scène, la sélection des morceaux est pertinente et montre une belle évolution dans notre patrimoine musical. Les larmes montent souvent aux yeux avec les poignantes Mes blues passent pu dans porte, Les yeux du cœur et Pour une dernière fois. Ayoye, Seulement qu’une aventure, Je chante comme un coyote et le classique Toujours vivant viennent soutenir les ballades et mettre de l’énergie dans la foule. L’émouvante Un beau grand bateau reste la préférée d’entre toutes, chantée tout en retenue par un public profondément touché. Le ton est donné, si Mario Saint-Amand souhaite faire carrière avec ses propres compositions, il a l’intensité et le talent pour nous faire vibrer.

Le Saint-Amand Blue,sous la direction musicale d’Alain Sauvageau, à qui l’on doit plusieurs spectacles de Claude Dubois et Diane Dufresne, parcourra les routes du Québec ces prochaines semaines pour aller présenter ses 22 Câline de blues aux amoureux de musique et de grands états d’âme.

Pour toutes les dates de spectacle, visitez le site de la tournée.

Crédit photo: ©Véronyc Vachon/MatTv.ca

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