Vive ton courage

Quand le consentement prend aussi acte dans l’humour

© Bastien Carrière Photographe 

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Le 6 juillet dernier, se tenait à L’Olympia de Montréal le spectacle-bénéfice Vive ton courageLe Grand Montréal comique récidive cette année avec sa deuxième édition. Cette soirée vise à soutenir, par ses profits générés, la Fondation Marie-Vincent, CALACS (Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) ainsi que La Traversée.

Salomé Corbo qui fait partie du collectif Les Courageuses depuis la controverse #Metoo et François Massicotte ont orchestré la soirée de façon improvisée. Une prise de risque en solidarité aux victimes qui n’ont pas le temps de se préparer à vivre de tels événements.

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La scène fut partagée par Patrick Groulx, Mélanie Couture, Sylvain LarocqueKorine Côté, Anaïs Favron, Sinem Kara, Maxim Martin, Guillaume Wagner, Mathieu Gratton et Stéphanie Bédard. Sans oublier la présence de Stéphane Fallu, Charles Deschamps et Martin Petit accompagnant Patrick Groulx et François Massicotte lors d’un mea culpa de vieilles blagues sur fond de cérémonie d’enterrement.

Richardson Zéphir, en petite capsule vidéo, nous introduit à la soirée avec un enseignement sur la diction et la prononciation des mots entourant le consentement. Tandis qu’Yves P. Pelletier, plus tard en soirée, a prêté sa voix à une vidéo qui s’est permis de comparer, sur une note plutôt humoristique et imagée, le consentement versus servir du thé ou non à une convive.

Mélanie Couture s’est projetée dans la lecture d’une lettre à sa fille qu’elle n’aura jamais. Des remontrances et des conseils sur sa vie de femme dans laquelle elle n’évoluera pas. Elle nous a d’ailleurs sorti la comparaison la plus cinglante et inattendue mais véridique de la soirée : « Des seins, c’est comme Éric Salvail et Gilbert Rozon. Ce n’est pas fait pour rester au sommet éternellement. »

© Bastien Carrière Photographe 

Korine Côté, Sinem Kara, François Massicotte et Guillaume Wagner nous ont entretenus sur des sujets qui sont propres à leur réalité tout en humour et en transparence.

« Une improvisation mixte ayant pour titre : L’aéroport », faite par Salomé Corbo, Anaïs Favron et François Massicotte. Trois exploitations sur le même sujet. Il aurait été intéressant d’entrecouper les humoristes de ces trois actes afin d’éviter de moins casser le rythme de la soirée, mais l’idée était tout de même géniale compte tenu que Salomé Corbo et Anaïs Favron sont impliquées depuis bien longtemps déjà auprès de la LNI et nous ont permis de constater l’ampleur de leur aisance à improviser sur un sujet amené.

Un moment d’humour et de sensibilité pour Sylvain Larocque qui nous met en contexte son cheminement scolaire parsemé d’intimidations. Il a été, avec un comparse, intimidé telle une fable de La Fontaine et aurait aimé servir de comparaisons à la Cyrano de Bergerac.  Maxim Martin quant à lui s’est manifesté en toutes confidences sur son manque de capacité manuelle qu’il jumelle à la virilité. Une façon cocasse de voir la chose.

© Bastien Carrière Photographe 

Une finalité saisissante avec la chanson Crève mon sale du groupe Crampe en masse avec une interprétation de Mathieu Gratton et Stéphanie Bédard. Un moment rempli de rires pour certains spectateurs et de perplexités pour d’autres lors de ce dernier tableau de la soirée. Tout au long du spectacle, nous avons été témoins de l’importance du respect envers la victime et finir celui-ci sur une note de vengeance dans des paroles crues envers ces malfrats est plutôt déconcertant. Il doit effectivement y avoir justice envers ces malfaiteurs pour que survivent les victimes, mais au point de souhaiter la mort de quelqu’un reste un questionnement sur la portée des souhaits. Combattre ensemble le pire ne veut pas dire le voir mourir.

Somme toute, un spectacle haut en divertissements. Une relève enlevante. Des bons rappels sur l’importance du consentement respecté. En souhaitant une 3e édition de Vive ton courage.

Crédit photo: © Bastien Carrière Photographe 

Texte révisé par : Annie Simard

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