Richie Merritt, left, and Matthew McConaughey star as Richard Wershe Jr. and Richard Wershe Sr. in Columbia Pictures' and Studio 8's WHITE BOY RICK.

Visionnement : White Boy Rick

Le crime ne paie pas

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© Sony Pictures

Par : Normand Pineault

Détroit, 1984. Après le déclin fulgurant de l’économie de la ville, les travailleurs ont déserté la majorité des quartiers et des habitations. La réduction même des services publics entraîne une augmentation du crime et des tensions raciales, tandis que le chômage et la pauvreté atteignent un niveau inimaginable. C’est dans ce fléau social que nous suivons le cheminement du désir et de l’avidité d’un jeune rêveur, qui se laisse tenter par le crime afin d’aider sa famille.

Basé sur des faits réels, ce film raconte l’histoire de Rick Wershe Jr., qui avant même d’avoir atteint 16 ans, était devenu un escroc, un revendeur de drogue et un informateur pour le FBI. Fils d’un père séparé tentant de gagner sa vie dans la vente d’armes, et frère d’une sœur droguée et fugueuse, Rick se sent attiré par la richesse et la parure qu’affichent les gangs des quartiers chauds de Détroit. Par sa témérité et sa forte attitude, il grimpe alors en notoriété, mais se voit malgré lui utilisé aussi par la police, qui décide de son côté de se servir de Rick pour effectuer des arrestations au péril de sa propre vie.

Nous n’avons pas droit ici à la montée au pouvoir d’un nouveau Scarface, quoique l’arrogance du personnage et quelques ressemblances puissent nous y faire penser. Richie Merritt interprète ici de façon quelque peu monotone le jeune Rick, mais son jeu donne malgré tout au personnage une touche réelle d’ignorance et d’insouciance, la crédibilité même d’un adolescent pris dans un milieu de violence qui le dépasse. C’est toutefois la prestation touchante de Matthew McConaughey, en père de famille désirant sortir ses enfants de cet enfer, qui balance avec succès celle des jeunes, et qui réussit à soutenir notre intérêt jusqu’à la fin de ce film de deux heures sans nous laisser tomber dans la lassitude. La réalisation est bonne, et quelques passages amusants réussissent à nous faire sourire pour oublier le sujet lourd, tel qu’un visionnement imprévu de « Footloose » au ciné-parc, ou bien le sermon que reçoivent les acteurs de la part d’un enfant de 6 ans.

White Boy Rick est donc un bon drame de gangsters basé sur la vie réelle du protagoniste, mais sans plus. Comparativement à d’autres films du genre, l’emphase est plutôt mise sur le fait que la vie dans le crime paie peut-être la richesse matérielle et la parure, mais pas nécessairement ce qui parfois est plus important, c’est-à-dire l’investissement dans la famille et l’avenir.

White Boy Rick, en salle partout au Québec dès le vendredi 14 septembre 2018.

Texte révisé par : Annie Simard

 

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