Visionnement : John Wick – Parabellum

Si tu veux la paix, prépare la guerre

© Lionsgate Films

Par : Normand Pineault

Il est souvent commun de voir la qualité d’une franchise se ternir d’opus en opus, usée par sa propre formule comme si l’originalité ne s’y trouvait plus. Là où la plupart des séries vont simplement remâcher leur matériel de façon précipitée pour faire quelques dollars de plus, le troisième film du réalisateur Chad Stahelski est de son côté très efficace. Il brise la banalité des suites en donnant aux spectateurs un peu plus que ce qui avait déjà fait la popularité de ses deux prédécesseurs : de la violence, plus de violence, un brin d’humour cinglant, une excellente photographie, d’exaltantes chorégraphies de combat dans des décors artistiques, et encore de la violence. Mais c’est précisément la gratuité de celle-ci qui nous désensibilise et qui, cette fois-ci, fait tourner le sérieux des scènes d’action en humour noir satisfaisant et amusant.

John Wick 3 — Parabellum débute immédiatement là où le deuxième film s’était achevé. Après avoir tué un membre du groupe d’assassins appelé la Grande Table, et ce, à l’intérieur même du terrain neutre qu’est l’hôtel Continental, John (Keanu Reeves) n’a plus qu’une heure avant qu’un contrat de 14 millions de dollars soit fixé sur sa tête, et que tous les tueurs de la planète soient à ses trousses. Sans aide, en essayant de gratter dans les recoins de New York et du Maroc le peu de respect qu’il lui reste encore de la part d’anciens associés, ou de partenaires impitoyables tels que Sofia (Halle Berry), il tente par tous les moyens d’échapper à son destin et de rester malgré tout en vie.

L’action ne se passe plus qu’en automobile et au corps-à-corps. Nous avons droit à des poursuites en cheval, à un combat d’épée en motocyclette, à un échange de couteaux dans un bazar du Chinatown, aux attaques canines contre les assaillants, et bien plus. On pourrait croire que l’ensemble paraît submergé à première vue, mais les 2 h 10 minutes passent rapidement, même malgré une bonne longueur au centre du film qui ne semble là que pour nous laisser reprendre notre souffle un peu. La direction artistique des combats et des décors qui avait fait la force du deuxième film est toujours présente, même si elle s’efface légèrement devant le désir évident de donner un ton plus léger à cette suite.

Tous les acteurs des précédents films y sont tels que le directeur Winston (Ian McShane), Charon (Lance Reddick), Bowery King (Laurence Fishburne), et de bonnes nouvelles additions telles qu’Angelica Huston, Asia Kate Dillon, et le méchant Mark Dacascos. Les échanges de ce dernier avec John Wick sont assez comiques, et représentent très bien la métaphore que veut être ce film : le fardeau d’une popularité non désirée. Les amateurs seront comblés, et à plusieurs reprises, ils laisseront s’échapper des exclamations de douleur ou de rire. Pour les plus acharnés, ils pourront même tenter le défi de dénombrer les morts, mais ce sera probablement peine perdue, car ils en perdront vite le compte.

John Wick – Parabellum, en salle partout au Québec dès le vendredi 17 mai 2019.

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