Une soirée galactique aux Montgolfières

Des étoiles plein la tête grâce à Galaxie et Ariane Moffatt

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Par : Marie-Claude Lessard

La journée du 18 août de l’International de montgolfières de St-Jean-sur-Richelieu proposait une programmation 100% québécoise riche alliant à la fois futures vedettes de demain et artistes bien établis. Grâce à un radieux soleil plombant le site, les festivaliers, spécialement des familles, ont profité en grand nombre des diverses activités offertes. Même si l’envolée de ballons du soir a été annulée en raison de forts vents, le public a passé d’agréables moments musicaux et est reparti à la maison avec un large sourire de satisfaction. Voici un survol des performances qui ont particulièrement attiré notre attention.

Sidérante Marielle Varin

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Marielle Varin, candidate lors de la quatrième édition de La Voix, impressionne. Sa voix, mature et légèrement rauque, la place remarquablement dans une catégorie à part, tellement qu’il est parfois difficile de croire que l’artiste originaire de St-Jean-Sur-Richelieu est seulement âgée de 16 ans. Se déplaçant sur la scène mobile Hydro-Québec pour des concerts de 20 minutes aux quatre coins du site, elle a débuté sa courte tournée à la Planète Ballon devant une ribambelle d’enfants drôlement dociles et attentifs. Il faut dire que l’instrument vocal de Varin et son puissant doigté au piano invitent au calme et à la sérénité. Friande de l’univers musical indie rock et folk, celle qui complétera cette année ses études secondaires a revisité Little black submarines de The Black Keys, Summertime Sadness de Lana Del Rey, L’éphémère d’Alexandre Désilets (chanson qui lui a permis d’être sélectionnée dans l’équipe de Pierre Lapointe) et Omen de Sam Smith et Disclosure. Elle a également servi une interprétation plus sobre et blues de You’re the one that I want de Grease, de même que la magnifique I know where I’ve been, tirée d’une autre production de Broadway, soit Hairspray. En plus, elle a vu juste en livrant une savoureuse combinaison de deux chansons mythiques, qui selon elle (et elle a parfaitement raison) se ressemblent mélodiquement parlant : Don’t worry be happy de Bob Marley et Let it be des Beatles.

Quelques instants après sa performance, Marielle m’a confié qu’aucun album n’est en préparation pour le moment. C’est tout à fait compréhensible puisqu’elle veut continuer d’évoluer et profiter à fond de sa vie d’adolescente. Elle compose toutefois. L’espace l’inspire grandement puisque c’est un autre sujet qui la passionne énormément. Elle apprécie les expériences que lui procurent les spectacles à l’extérieur puisque ces derniers fourmillent de vie et sont moins formelles que les spectacles intérieurs dans des salles, donc moins stressants. Pour l’instant, elle continue d’apprendre le chant et le piano avec ses coachs Valérie Lahaie et Thomas Hodgson, tous deux natifs de Saint-Jean-Sur Richelieu et également issus de La Voix, qui lui ont donné de précieux conseils pour tirer le maximum de son expérience télévisuelle. Évidemment, son passage à la populaire émission lui a conféré plus d’attention à l’école auprès d’enseignants compréhensifs et d’autres collègues, mais ses fidèles amies lui ont permis de garder les pieds sur terre.

Le gros rock sale de Galaxie

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©Benoit Rousseau / MatTv.ca

La chaleur étouffante n’a pas empêché à de nombreux amateurs de rock de s’installer près de la scène Loto-Québec pour assister, aux alentours de 19h30, au spectacle du groupe Galaxie, dernier de la tournée entourant la promotion de leur quatrième album, Zulu, paru  en 2015. Armé d’une énergie brute, le band a démarré en force avec la pièce titre de leur dernier opus avant d’enchaîner avec le succès Camouflar. Il n’en fallait pas plus à la foule pour être survoltée. Tous les musiciens ne faisaient qu’un avec leur instrument et partageaient un plaisir évident à être sur scène, spécialement lorsque le chanteur Olivier Langevin et Fred Fortin jouaient de la guitare côte à côte. Offrant un solide 45 minutes de pure rock sans le moindre temps mort, Galaxie affichait une attitude décontractée qui a conféré au spectacle une atmosphère conviviale et enivrante. Lorsque la formation a quitté la scène après avoir joué l’irrésistible Piste 1, chanson thème de la version québécoise de Lip Sync Battle sur les ondes de V, le public était parfaitement réchauffé pour accueillir la tout aussi endiablée Ariane Moffatt.

La constellation d’Ariane Moffatt

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©Pascal Ratthé

L’interprète de Point de mire  ne pouvait rêver d’un meilleur baptême à l’International. Fort attendue, elle est apparue sur scène sous un tonnerre de cris et d’applaudissements. Présentement sur les derniers milles de la tournée pour le cinquième album 22 h 22 primé au dernier gala de l’ADISQ, Ariane Moffatt a démarré tout en douceur avec la pièce titre qui symbolise un renouveau à la fois dans sa vie professionnelle que dans celle de maman de jumeaux de 2 ans. Voulant, de son propre aveu, hypnotiser le public pour mieux le mettre à sa merci, elle a poursuivi avec Rêve, la tristement actuelle Les tireurs fous et Tous les sens. Cette phase d’enchantement a rempli pleinement sa mission d’envoûter les spectateurs, qui n’arrêtaient pas de scander leur amour à l’artiste multi-instrumentiste. Les hanches se sont mises à bouger avec plus de vigueur lorsque la pièce Je veux tout à retenti. Debout, premier extrait radiophonique tiré de 22 h 22, a également soulevé les passions grâce à une finale instrumentale puissante et magnétique.

Jouissant d’une splendide vue avec les ballons illuminés à l’occasion de la célèbre nuit magique, Ariane a offert, puisqu’elle est de saison, la mélancolique ballade Perséides. Seule au piano, elle a interprété sobrement cette chanson qu’elle n’a pas l’habitude de livrer régulièrement. Ajoutez à cela la marée de cellulaires qui scintillaient autant que les étoiles, le moment était irrésistiblement parfait. Dynamique et libre, l’ancienne juge à La Voix s’est amusée avec ses musiciens, proposant de délicieuses références à des succès connus. Ainsi, Mon Corps s’est conclu avec un extrait de Material Girl de Madonna et Soleil chaleur a bénéficié de la légendaire introduction d’Eye of the tiger de Survivor. Même In the air tonight de Phil Collins a été superbement réinterprétée. Ariane Moffat qui s’éclate avec des percussions, c’est quelque chose à voir! Ensuite, pour terminer la soirée avec un bang, elle a présenté Réverbère et Miami, qui a fortement donné envie aux spectateurs d’assister à un spectacle plus long.

DJ Champion, le chef d’orchestre

mongol1©Pascal Ratthé

Pour continuer de faire danser les spectateurs, DJ Champion, accompagné de ses G-Strings, a foulé la scène principale. Venu présenter son dernier disque Best Seller, Maxime Morin a débuté avec une introduction planante, mais trop répétitive, qui a atténué la vivacité du public pourtant revigoré par les performances de Galaxie et Ariane Moffatt. Heureusement, la présence des chanteuses Lou Laurence et Marie-Christine Depestre ont insufflé du tonus au spectacle. Les guitares puissantes, voire hypnotiques, des G-Strings ont également bien rehaussé la portée des compositions.  La foule a recommencé à se dandiner lors de la livraison du premier single de Best Seller, Life is good. Or, ce n’est que deux chansons plus tard qu’est s’est mise à sauter et crier avec un véritable entrain. Ces ruptures de ton rendaient le concert inégal.

Par contre, il était intéressant de regarder œuvrer DJ Champion et diriger ces musiciens tel un Kent Nagano! Si les deux plus grands succès commerciales du groupe, No Heaven et Alive again, avaient été présentés dans le premier 20 minutes de la prestation, peut-être que les festivaliers auraient démontré plus d’enthousiasme et embarqué avec plus de fougue dans les chansons traînant en longueur. Ceci dit, DJ Champion a réussi à prolonger le party, même si son set manquait d’énergie en comparaison avec les deux offerts précédemment dans la soirée.

Texte révisé par : Matthy Laroche

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