Un première montréalaise plus que réussie pour Émile Proulx-Cloutier

!Attention! Cette chronique contient un nombre incalculable de commentaires positifs à l’égard d’Émile Proulx-Cloutier et de ses musiciens!

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©François Daoust

Par : Mathias Chevalier

Émile Proulx-Cloutier, de retour sur scène avec son deuxième album intitulé Marée Haute, s’est emparé du Théâtre Outremont mercredi dernier pour renouer avec son public montréalais. Verdict? Autant dire que je n’avais pas assisté à un spectacle aussi brillant depuis de nombreuses années.

Pour être tout à fait honnête, c’était gagné d’avance. À peine entré dans la salle, un coup d’oeil rapide en direction de la scène m’a permis de jauger le niveau des accompagnateurs : un piano demi-queue, un violoncelle, un synthétiseur, DEUX batteries… Le stage était conçu pour accueillir des musiciens multi-instrumentistes hors pair, et mon intuition s’est confirmée dans les minutes qui suivirent.

Émile Proulx-Cloutier (accompagné, donc, par les géniaux Étienne Ratté, Benoit Rocheau, Guido Del Fabbro et Guillaume Bourque) a livré un spectacle de presque deux heures et demie sans jamais lasser son public. Ses textes, plutôt que de suivre une progression classique en dents de scie (gai/mélancolique, ou lent/dansant), s’enchaînaient en respectant une sorte de continuum d’innovation perpétuelle, au plus grand bonheur des amoureux de musique et de poésie.

Côté musique, Émile a su développer son style autant du point de vue mélodique, que du point de vue rythmique et harmonique. Un mélomane averti aura reconnu des arrangements au contrepoint rigoureux, des enchaînements harmoniques dépassant largement le 2-5-1 traditionnel, et même des mesures impaires frisant le 7/8. Pour les oreilles moins pointilleuses, l’impressionnante diversité des genres musicaux présentés aura été la preuve irréfutable de la créativité d’Émile.

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Pour ce qui est des mots, la profondeur des textes était renversante. Je me souviens, sans ordre précis, des paroles suivantes : « Je croyais que ça n’arrivait qu’aux autres; soudain, c’est moi les autres. » / « Je ne suis pas en lendemain de veille, mais en lendemain d’exister. » / « Ce n’est pas grave si tu ne connais pas mon prénom; regarde-moi dans les yeux, et je me reconnaîtrai. »

Le tout était accompagné d’un jeu de scène sans faute. Car oui, Émile, en plus d’être un musicien surprenant, est avant tout un comédien bluffant. Il s’est même autorisé un one-man show de 10 minutes durant la deuxième partie du spectacle, l’occasion pour lui d’étaler un humour sans complexe et un sens du timing redoutable.

Il y aurait tant d’éloges à faire sur plein d’autres sujets (comme l’éclairage, par exemple) mais voici le principal : Émile Proulx-Cloutier est un grand artiste qui fait du bien à l’industrie de la musique. Bravo, et mille fois merci.

Crédit photos ©François Daoust

Texte révisé par : Annie Simard

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