TOP MUSIQUE 2013: DÉCOUVERTES

L’embarras du choix

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Par Maxime D.-Pomerleau

Si j’étais réaliste, j’aurais fait un Top 30 de découvertes 2013 tellement de nouveaux groupes ont enchanté mes oreilles au cours de l’année. J’ai été plus sage lors de la rédaction de cette chronique, j’ai donc sélectionné des artistes émergents « établis » parce qu’ils méritent encore qu’on parle de leur année exceptionnelle mais aussi parce que j’ai choisi de présenter mes découvertes plus récentes dans une future série d’articles. Les nommés sur cette page ont déjà quelques tournées derrière la cravate, un ou deux albums en poche et vous les connaissez peut-être déjà, bien qu’ils œuvrent souvent dans une niche spécifique. Ils sont tous extrêmement talentueux et représentent bien la diversité et le bouillonnement de la scène musicale québécoise actuelle. Bonne écoute!

 

KLÔ PELGAG

La voix altérée et la poésie décalée de Klô Pelgag en font une créature unique dans le paysage musical francophone. Pop de chambre orchestrale, onirique et mélancolique, les formules ne manquent pas pour décrire la chanson d’auteure complexe et éclatée de la jeune artiste. Chaque pièce est un voyage surréaliste dans le monde dense et coloré de la pianiste et parolière Chloé Pelletier-Gagnon, dans lequel on perçoit bien l’influence de Boris Vian. L’alchimie des monstres, son premier album complet lancé en septembre dernier est un des grands crus de 2013. Pour saisir la splendeur de son univers il faut voir la petite lutine en spectacle, entourée de ses musiciens-magiciens dont l’esprit déjanté et la virtuosité vont à coup sûr vous surprendre. Mon gros kick cette année.

 

LES HAY BABIES

L’accent de l’Acadie a le vent dans les voiles! Dès qu’on les a su inscrites aux Francouvertes 2013 on savait qu’elles en sortiraient gagnantes. Dans le sillon de la Leblanc pour leurs textes dépeignant le quotidien sur la route ou au bar du village, Les Hay Babies, originaires du Nouveau-Brunswick, forment le trio de guitare-banjo-ukulélé le plus hype de l’heure. Charismatiques, charmantes et drôles, déroutantes dans leurs anecdotes racontées en spectacle, elles sont bourrées de talent et leurs observations sensibles sur la transformation des régions de l’Est du pays teintent de candeur leur indie-folk franglais. J’ai du mal à choisir ma chanson préférée parce qu’elles sont toutes bonnes et je suis plus qu’impatiente d’entendre leur premier album où s’ajouteront des musiciens pour étoffer leurs déjà excellentes compositions. Définitivement à surveiller!

 

DEAD OBIES

Ça vaut la peine d’avoir une passe des Francouvertes pour la tonne de découvertes qu’on y fait! Le collectif post-rap du $ud $ale de Montréal Dead Obies est clairement une de mes révélations de la dernière année. Vibrant, leur français imagé qui écorche les oreilles puristes présente une poésie crue, actuelle et représentative de la vie urbaine des six gars qui composent le groupe. Avec des rappeurs habitués des WordUP! Battles, un producteur de beats versatile, un sens de la mise en scène intrinsèque, Dead Obies présente autant en spectacle que sur album un mélange bouillant d’influences multiculturelles, populaires, littéraires et musicales qui en font un des groupe les plus complets et novateurs en ce moment dans la scène hip hop québécoise.

 

UNE TOUNE PAR JOUR

Une toune par jour, c’était le projet grandiose et avouons-le, un peu débile de Jean-Sébastien Houle,  compositeur et musicien issu du milieu de l’improvisation, d’écrire, produire, enregistrer et mettre en ligne une pièce musicale chaque jour de l’année 2013. Un défi personnel qui ne sera pas passé inaperçu en gagnant le respect de nombreux joueurs de l’industrie, médias et mélomanes. Du jazz au rap en passant par la pop anglo et le folk franco, Une toune par jour pigeait dans tous les styles et multipliait les collaborations pour étonner chaque jour son fidèle public. Le jeune homme vient tout juste de lancer sa boîte de musique géniale H orange, spécialisée en réalisation, enregistrement et composition de musique originale. Un de mes coups de cœur du répertoire, la toune 22 ; J’ai perdu mon portefeuille.

 

KANDLE

Mon girl-crush de la scène locale montréalaise : la mystique Kandle. Un indie-folk ténébreux aux arrangements épurés où on met l’accent sur la guitare frissonnante, le piano fantomatique et la voix veloutée de Kandle Osborne, fille du chanteur de 54-40 Neil Osborne, née à Victoria et maintenant établie à Montréal. Un brin girlie, on baigne dans le romantisme moderne, imprégné d’envoûtantes ambiances cinématographiques souvent sombres et introspectives. Recrue 2013 de l’étiquette Dare To Care Records, elle prend son temps pour fignoler son premier album à paraître à l’hiver 2014 et sort de magnifiques vidéoclips tous les trois mois pour nous torturer.

 

Une nouvelle chronique s’installera sur MatTV.ca pour mettre en lumière le travail d’un artiste québécois chaque semaine dès janvier. Plusieurs découvertes à venir!

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