« Celui qui tombe » à la TOHU

Un spectacle ambigu qui laisse place à la réflexion

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© Gabriel Talbot/MatTv.ca

L’introspection était au rendez-vous lors du spectacle Celui qui tombe, présenté à la TOHU mercredi soir.

En effet, chaque membre du public pouvait interpréter à sa façon le message central de cette réalisation théâtrale combinant des éléments du cirque et de la danse contemporaine.

Yoann Bourgeois, le chorégraphe de cette pièce, s’est longtemps penché sur l’apesanteur et la relation d’un corps avec les forces qui s’exercent sur lui. Pour faire suite à ses réflexions, il a réalisé une chorégraphie mettant en vedette une grande surface de bois surélevée à l’aide d’une base cylindrique (qu’ils ont retiré plus tard dans le spectacle) et de cordes l’attachant au plafond sur laquelle ont performé les six artistes, trois hommes et trois femmes.

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Ce diplômé du Centre national des arts du cirque voulait démontrer l’interaction du corps avec les forces physiques. Pour maximiser l’ampleur de celle-ci, Yoann Bourgeois s’assura que l’appareil pouvait s’incliner de part et d’autre et tournoyer rapidement dans les deux directions. Les cordes ont aussi été programmées dans le but d’élever davantage la dalle de bois. Ainsi, les interprètes devaient jouer en tenant compte de ces contraintes physiques. Ils ont entre autres expérimenté avec les effets de centrifuge et de centripète.

Par ailleurs, tous les déplacements, les acrobaties et les techniques ont été choisis de façon méthodique pour alimenter le tout et non pour mettre en valeur des cascades impressionnantes.

Cette œuvre, aussi poétique que conceptuelle, n’encourageait pas le public à y identifier une théorie en particulier.

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À vrai dire, Yoann Bourgeois a lui-même proposé différentes manières d’interpréter la notion d’instabilité.

En entrevue avec Le Circassien, le chorégraphe explique qu’« il n’y a pas un seul sens à donner au spectacle, c’est une prolifération de sens multiples. »

Il a donné quelques exemples de thèmes abordés, dont « la précarité, la relation à la mort, au vide » et le fait que l’on vive à l’heure actuelle « un moment de bascule » dans l’histoire de l’humanité.

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Indépendamment du sens précis que chaque individu pouvait soutirer de cette performance, les notions de changement et d’incertitude règnent constamment en arrière-fond.

Assister à un spectacle comme celui-ci se rapproche d’une certaine façon au fait d’aller voir une exposition d’art abstrait. On y va, non pas pour une petite distraction rapide et facile, mais pour en tirer une réflexion personnelle profonde sur l’expérience vécue de Celui qui tombe.

Crédit photo :  Gabriel Talbot/MatTv.ca

Texte révisé par : Marie-France Boisvert

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