Rockfest de Montebello: Jour 1

TGIPF : Thanks God It’s a Punk Friday

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© Alexa Enlow Malky/MatTv.ca

Par Maxime D.-Pomerleau

La journée commençait de bonne heure avec le spectacle de Mad Caddies sur la scène principale. Déjà une foule nombreuse était rassemblée devant la scène principale pour apprécier l’énergique ska punk aux accents jazz du groupe californien, qui avait fait partie de la 8e édition du festival. La première pièce à retentir dans l’immensité du terrain de golf de Montebello fut Backyard et ils ont terminé une dizaine de chansons plus tard avec la bien connue Monkeys. Mieux que du Redbull pour commencer cette deuxième, mais officiellement première, journée du Rockfest.

La veille, une dizaine de milliers de festivaliers avait foulé le terrain pour la Fuck Sponsors Night où se produisaient notamment les groupes canadiens Reset, Guérilla et Propagandhi. Cette soirée de punk engagée fut plutôt ordinaire, malgré la bonne découverte qu’est la musique rap-métal vindicative de Guérilla, groupe de Sherbrooke revenu de ses cendres cette année pour souligner son 20e anniversaire. Un DVD souvenir sera lancé plus tard cette année. Leur pièce phare, Guérilla : Manifeste, fait référence à la crise d’Octobre de 1970 et contient notamment des bribes du manifeste du FLQ. Propagandhi, qu’on connait pour leur fougue sur scène, était plutôt statique et Chris Hannah interagissait peu avec la foule. On a quand même eu droit à quelques succès de leur album How to Clean Everything avec Anti-Manifesto, Stick the Fucking Flag Up Your Goddam Ass, You Sonofabitch et Haillie Sellasse, Up Your Ass pour égayer la soirée. Avec des titres comme Back to the Motor League et des pièces tirées de leur dernier album Failed States, le groupe canadien a offert une prestation définitivement plus hardcore que ska.

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Fin de la parenthèse : De retour sous le soleil cuisant de vendredi après midi pour voir un autre groupe d’aussi grande longévité que Mad Caddies avec Goldfinger. Les vétérans du skate punk étaient très attendus et ils étaient visiblement heureux de jouer pour le public québécois. Spokesman, l’excellente Open Your Eyes, la vivifiante Get Up et Counting the Days ont fait allègrement skanker la foule. Ils ont invité les musiciens de Voodoo Glow Skulls à jouer de leurs cuivres sur certaines pièces dont Answer. Accompagné de Mike Herrera (de MXPX) à la basse et du guitariste de Story of the Year, John Felldman s’est montré généreux avec la foule, descendant même dans le pit, tenter de chanter (pas évident quand ça brasse de même!) avec les fans. Un petit clin d’œil à Operation Ivy puis Goldfinger a balancé ses mégahits Superman et 99 Red Balloons en finale triomphante.

Avec des albums marquant l’histoire du punk rock québécois tels Un jour les taureaux nous mangeront et Danse sociale, Capitaine Révolte est loin d’être tombé dans l’oubli. Plus que Je me souviens, les fans entassés devant la scène Budweiser, où les groupes locaux étaient encore une fois à l’honneur, ont scandé les paroles de ce groupe engagé sur Maîtresse Élizabeth, Respectons les moutons et Utopique Univers. Un groupe qui n’a rien perdu de son mordant et dont le message est toujours aussi pertinent. Ils planchent actuellement sur un nouvel album que vous pouvez découvrir au compte-gouttes sur Bandcamp.

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Fidèles à eux-mêmes, Bad Religion a offert une bonne prestation, qui ne passera toutefois pas à l’histoire. La constance de Greg Graffin n’a d’égale que la qualité de ses textes. Même 10, 15 et 20 ans plus tard, des pièces comme Recipe for Hate, Suffer, Do What You Want, Fuck You, 21st Century (Digital Boy), Sorrow, Fuck Armageddon… This Is Hell et les puissantes Generator et American Jesus (qui sert de modèle au Canada depuis quelques années on croirait…) trouvent toujours autant écho chez les punk rockeurs de ce monde « fucked up ». On n’est pas encore remis de ce coup de lucidité dans ta face que Coheed and Cambria commence à s’époumoner sur la scène Jagermeister. Connaissant peu le groupe, je ne peux vous nommer de chansons mais je peux vous dire que les gars étaient déchaînés et que ça garochait du décibel au mètre carré. Heureusement que j’avais mes bouchons.

Après Smash exécuté l’an dernier au Heavy MTL, The Offspring présentait cette fois-ci l’album intégral Americana, qui a marqué plusieurs jeunes de ma génération à sa sortie. Même si la majorité des pièces a été écartée au cours des années (et on comprend pourquoi) il était intéressant de les voir live. Ainsi, outre les classiques radiophoniques Pretty Fly (For a White Guy), Why Don’t You Get a Job? et l’hymne Kids Aren’t Alright, nous avons vu She’s Got Issues, The End of the Line et Americana, la plupart n’ayant pas été jouée depuis plus de 15 ans, si on ne compte pas la veille où le groupe a interprété l’album en surprise devant une centaine de personnes trempées à cause de l’orage qui s’est abattu sur la ville en même temps que les shows commençaient. Entendu de loin, ça sonnait comme le CD. The Offspring a aussi interprété un petit bloc de chansons old school avec All I Want, You’re Gonna Go Far, Boy, Come Out and Play et la sublime Self Esteem en grande finale.

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Linkin Park était l’un des groupes les plus demandés par les fans du Rockfest ces dernières années et ils n’ont pas été déçus. On a rapidement été ramené à leur époque de coiffures douteuses avec One Step Closer, qui a enflammé la foule. S’en est suivi A Line in the Sand, à l’introduction presque mystique, avant de revenir à Hybrid Theory avec Runaway. Ce n’est cependant qu’au milieu que le groupe a semblé prendre ses aises et que le spectacle a pris de l’ampleur, appuyé par la scénographie et les projections. Le « pacing » n’était pas des plus équilibrés, avec des pièces très lourdes souvent suivies de ballades si calmes (Leave Out All the Rest) qu’on pouvait entendre The Descendents sur la scène Tony Sly au même moment. Néanmoins, le groupe a livré la marchandise avec ses nombreux succès tels Wastelands, Castle of Glass et la très électro Burn It Down. La performance vocale de Chester Bennington est toujours impeccable, tout comme le flow de Mike Shinoda. Pionnier dans l’hybridation des styles, voguant entre le rap, le nu-metal et la musique électronique, Linkin Park, dont le dernier passage au Québec était au mois d’août 2014 au Parc Jean-Drapeau, montre bien que le rock n’a pas qu’une seule couleur. Ils ont terminé avec Numb/Encore et In the End (une jouissance pour les oreilles), Waiting for the End, What I’ve Done et la corrosive Bleed it Out.

Le froid a malheureusement eu raison de votre reporter qui n’est pas restée pour The Dookies, soit Goldfinger qui reprenait du service en interprétant le légendaire album de Green Day. Ils en ont profité pour jouer Responsibility de MXPX  au travers de Basket Case et autre Welcome to Paradise. On aurait de nouveau rendez-vous avec l’été le samedi, dernière journée de l’édition 2015 du Rockfest de Montebello.

© Alexa Enlow Malky/MatTv.ca

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