Requiem : Se libérer de la mort

Sublime et percutant

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©Eifman Ballet de Saint-Pétersbourg

Par : Marie-Claude Lessard

Jusqu’au 25 février à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, l’horreur et la beauté se côtoient magistralement dans un bouleversant Requiem orchestré avec inspiration par le Eifman Ballet de Saint-Pétersbourg. Sous la direction du chorégraphe Boris Eifman et du chef musical Jean-Sébastien Allaire se dessine un déchirant hommage à la force de caractère qui émerge d’atroces épreuves.

Outre le fameux Requiem de Mozart, les trames sonores de Dmitri Shostakovich et Sergei Rachmaninoff s’unissent avec le chœur de l’Orchestre des Grands Ballets pour relater les répercussions du régime stalien. Une composition sonore à la charge dramatique parfaitement équilibrée qui n’étouffe à aucun moment l’intrigue racontée.

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©Eifman Ballet de Saint-Pétersbourg

Le premier acte suit l’existence brisée d’une mère, d’un père, d’un fils, d’un époux et d’une épouse à la suite de la perte d’un être cher. Il est basé sur le récit de la poète russe Anna Akhmatova. Le second, quant à lui, met en lumière les mêmes personnages, mais en privilégiant une réflexion lumineuse et optimiste sur l’importance d’espérer et être en paix avec la mort.

Afin de s’assurer de créer des émotions brutes et viscérales chez les spectateurs, les chorégraphies s’éloignent du ballet traditionnel en privilégiant un enchaînement fluide de mouvements synchronisés et relâchés. Des gestes simples comme marcher à l’unisson serrent la poitrine. La surprise d’entendre des coups de feu ddans un ballet également. La tristesse happe d’emblée. Habitant dans un décor épuré orné de projections alternant avec des cercles et des croix, des accessoires comme des housses de soie accentuent ce sentiment d’oppression qui ne quitte l’audience que des heures après la représentation. Les robes vaporeuses en coton concoctées par Olga Shaishmelashvili séduisent l’œil grâce à des couleurs pastel et ombragées qui créent surprenamment le même impact flamboyant et spectaculaire que des couleurs vives.

Bref, malgré des propos lourds, Requiem se doit d’être vu, car il exploite la douleur avec une audace et une sensibilité irrésistibles.

Texte révisé par : Annie Simard

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