Rencontre intime avec Marie-Pier Perreault

Elle nous a ouvert les portes du studio OPUS 

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©Benoit Vermette/MatTv.ca

Par Jessica Hébert

Ce matin-là, les yeux encore un peu endormis, je suis partie avec mon équipe, direction L’Assomption, pour une rencontre privilégiée avec Marie-Pier Perreault au studio OPUS.  L’auteure-compositrice-interprète de 25 ans est la nouvelle directrice du studio. « J’ai enregistré mon dernier album ici, je suis vraiment tombée en amour avec l’endroit. Sinon, je pense que je n’aurais pas accepté le mandat. La première fois que je suis venue visiter le studio pour voir si j’étais intéressée à faire mon album ici, je suis tombée en amour… L’ambiance, je me sentais vraiment comme chez nous. J’ai visité beaucoup de studios dans ma vie, la majorité des studios sont plutôt sombres, souvent même dans des sous-sols. Je déteste la ville et enregistrer à L’Assomption, pour moi, c’est sûr que c’est un plus… ça et la vue qui est magnifique! Mes pantoufles sont quelque part dans le studio et elles ne sont jamais parties depuis le premier jour de l’enregistrement. »

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L’énergie de Marie-Pier m’a totalement réveillée. L’équipe aussi a été conquise par l’ambiance du studio et par ses fenêtres donnant sur l’eau. On comprend pourquoi Marie-Pier a eu envie d’y passer plus de temps, ce que ses nouvelles fonctions lui permettent. En tant que directrice ou « femme à tout faire », nous dit-elle en riant d’un rire franc, elle s’occupe des relations avec les clients. «  Le propriétaire du studio est très fort pour tout ce qui est musique classique, il a vraiment beaucoup de contacts de ce côté-là. On est vraiment réputés pour ça, surtout en Europe. Notre réalisateur maison, Jacques Roy, le bassiste de Corey Hart, travaille avec Bruno Pelletier, Renée Martel… Lui, il amène une clientèle de gens qui sont dans le métier depuis plusieurs années. Moi, j’essaie d’amener une clientèle plus jeune, de rentabiliser le studio, par exemple, en créant des contacts avec des photographes, avec des gens de divers milieux. »

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Je ne pouvais pas rencontrer Marie-Pier et lui parler de son nouveau mandat sans lui parler de son 4e album en carrière, M’enraciner, qu’elle a produit avec son copain et la boîte de production qu’elle a fondée. « On a des chansons qui ont joué à la radio et qui ont bien tourné. Avec mon copain, on a presque tout fait. » Alors que Marie-Pier a performé dans des salles comme la Salle Albert-Rousseau alors qu’elle n’avait que 12 ans, aujourd’hui, elle préfère les salles plus intimes. « Je trouve que mes chansons se prêtent à des salles plus intimes. J’aime beaucoup les petites salles, je sais plus qui est là et je peux interagir avec eux. »

Les yeux de Marie-Pier s’enflamment lorsqu’elle parle de son album. « Sur cet album-là, j’ai écrit plusieurs textes,  j’ai l’impression que pour la première fois, les gens apprennent à me connaître. J’avais l’impression qu’on ne me connaissait pas vraiment et j’avais envie de faire découvrir qui j’étais plus intimement. Il y avait des choses dont j’avais envie de parler, des choses que j’ai vécues. C’est un album qui, par moments, est joyeux et par d’autres est triste, c’est vraiment par la musique que je réussi à exprimer la majorité des sentiments que je peux vivre. » La belle s’est même permis un message des moins subtils à l’autre amour de sa vie : son copain Raymond. « J’avais envie de parler de mon amour extrême pour mon chum, je l’aime énormément, je sais que ça va être le père de mes enfants. Et je sais, du moins j’espère, un jour me marier avec lui. »

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L’album a une sonorité différente des trois précédents, même si la coupure n’est pas tranchée. « Je me suis tranquillement dirigée vers le folk. Je suis très guitare acoustique, je suis très musique épurée. Avant ce n’était pas ça, c’était très power ballade. » Une pièce se distingue, Road, la seule en anglais sur cet album. « On avait un bout de musique, je l’aimais vraiment, ça me restait vraiment en tête. Il n’y a pas vraiment de refrain, mais je n’avais pas envie de l’allonger. On me disait que ça me ressemblait. Un moment donné toutes les paroles me sont venues, je me suis enregistrée sur mon téléphone, j’ai écrit ce que j’avais de précis. Je suis revenue au studio et on l’a enregistrée. » La chanson n’est pas là pour annoncer quoi que ce soit, même si Marie-Pier est tentée de faire un prochain album en anglais, elle est très réaliste et ne planifie pas nécessairement une carrière à l’extérieur du Québec. « Je pense que je commencerais par le Canada anglais si j’avais à aller sur le marché anglophone. Ça peut être un rêve fou, mais c’est extrêmement difficile. C’est extrêmement dispendieux de démarrer une carrière à l’étranger, tu dois t’y installer et t’y faire des contacts. C’est intéressant, mais je devrais voir une opportunité solide. »

Ce n’est pas parce qu’elle est réaliste qu’elle n’a pas de projets ambitieux ou de rêves un peu fous! « Mon vrai désir, ça serait de faire un album purement folk, à la John Mayer… presque pas d’instruments, la voix en avant, les émotions à fleur de peau. De collaborer un peu plus avec d’autres auteurs, de collaborer à deux. » Le visage de Marie-Pier rayonne quand elle pense aux collaborations qu’elle aimerait faire. « Tu me dirais que je chante avec John Mayer et je serais comme ‘ Oh my God ‘, je capoterais. Tu me dirais de chanter avec Katy Perry et je pleurerais ma vie. Mais au Québec, mon chanteur favori c’est William Deslauriers. J’avais envie de chanter avec William et ça c‘est concrétisé. C’est un guitariste incroyable, c’est le John Mayer du Québec. »

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C’est avec passion et une grande générosité que Marie-Pier s’est confiée à nous, et assises côte à côte au piano, je l’aurais écouté pendant des heures tant elle est rafraîchissante!

©Benoit Vermette/MatTv.ca

Assistante: Paméla Lajeunesse Maquillage: Tania Lacoste Major

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