Les Grands Ballets présente Préludes

Les douces folies de la nature

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©Éric Yainiri / MatTv.ca

Par Marie-Claude Lessard

Le programme double contemporain qu’offre Les Grands Ballets Canadiens de Montréal au Théâtre Maisonneuve jusqu’au 19 mars séduit autant qu’il déroute. Préludes, composé de La Lueur de l’Aube du chorégraphe suisse Ken Ossola et de Re-(II) de Shen Wei, rend un vibrant et romantique hommage aux splendeurs insoupçonnées de la nature.

 

La Lueur de l’Aube

Respirant la douceur et la sérénité, ce spectacle, comme son titre l’indique, expose la luminosité jaillissant des premiers moments du crépuscule du matin. Sur scène priment deux cylindres blancs et gris qui font office d’arbre pour signifier l’instauration d’une forêt. Les danseurs entrent sans l’accompagnement d’une musique, ce qui permet de mieux constater et admirer la précision des mouvements et la fluidité des chorégraphies. Entendre les artistes courir en unisson est un son tout aussi sublime que la trame sonore sélectionnée par le compositeur Sergei Rachmaninoff qui le succède.

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Après une magnifique ouverture, des couples mixtes dansent à tour de rôle, entrecoupés par de saisissants solos et numéros de groupe. Les costumes, offrant une délicieuse orgie de couleurs et de brillants, éblouissent. Derrière une toile transparente, des silhouettes noires tournoient ou marchent au rythme des autres danseurs. L’envoûtante symbiose entre les différentes chorégraphies, servie par une mise en scène ingénieuse, se marie à merveille aux décors somptueux. Les changements d’éclairage pour symboliser le passage du jour à la nuit et les ajouts d’éléments scéniques comme les magnifiques perles de lune flottantes ne  surchargent en aucun temps l’espace scénique et l’histoire racontée. Jamais l’aube aura paru si réconfortante. Lorsque, au bout de 50 magiques minutes qui ont passé à la vitesse de l’éclair, une pluie de paillettes bleues déferle sur les danseurs, une ovation amplement méritée récompense les artisans. On a déjà hâte au prochain tableau.

 

Re – (II)

Troisième ballet s’inscrivant dans la série Re, Re- (II)  relate le séjour de son auteur, Shen Wei, au Cambodge. Afin de rendre plus personnel ce spectacle datant de 2007, Wei, en plus d’y inclure quelques-unes de ses photographies, a composé certaines pistes de la trame sonore dont un enregistrement de voix d’enfants. Davantage métaphorique que La Lueur de l’Aube, ce récit a pour mission de faire ressentir les odeurs, les bruits ambiants et les émotions reliés aux temples cambodgiens.

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Les danseurs, très investis, parviennent à incarner la frénésie de la nature, mais malheureusement pas sans heurts. La musique stridente irrite par moments. Affichant des couleurs ternes et sombres, les costumes et les décors impressionnent moins que ceux présents dans La Lueur de l’Aube. Cependant, les numéros de groupe possèdent la complexité technique et les acrobaties nécessaires pour épater. Puisque plusieurs chorégraphies se produisent en même temps, il est un peu difficile de garder le fil. Certains enchaînements paraissent alors moins harmonieux. Cependant, les danses proposées comportent des moments d’accalmie intrigants. Les artistes, nus et enduits de poudre blanche ou d’une teinture brune, maintiennent pendant de longues minutes des poses singulières complètement fascinantes qui leur donnent des allures de sculpture. De toute beauté.

Pour plus de renseignements sur ce fabuleux ballet, visitez le site Internet.

Crédit photos : Éric Yainiri/MatTv.ca

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