Pouzza 8 : Entrevues

Pouzza 8 : un festival inclusif

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                                                                                                                                                     ©Crédit photo : Maryse Phaneuf

Par : Ariane Coutu-Perrault

Comme l’organisation du Pouzza a partagé sur leur Facebook à la première journée du festival, le pouzza se veut absolument inclusif, et ce, à tous les niveaux, que ce soit à propos de notre sexe, notre couleur de peau ou encore notre religion. Autant pour les musiciens et musiciennes que pour les festivaliers et festivalières et même les médias. J’ai eu la chance de rencontrer plusieurs bands et de leur parler de leur expérience au Pouzza. Je dois dire que même moi, autant en tant que festivalière qu’en tant que journaliste, j’ai ressenti cette ouverture d’esprit et cette énergie inclusives. C’est ce qui fait du Pouzza un endroit si intéressant, qui ne ressemble à rien d’autre à Montréal.

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©Crédit photo : Maryse Phaneuf

Je me suis entretenue avec les gars de Heart Attack Kids qui en étaient à leur deuxième présence consécutive au Pouzza, et ils me disaient qu’ils adoraient vraiment venir y jouer. « On a envoyé notre demande par e-mail et on attendait impatiemment de savoir si nous étions pris. C’est le meilleur moment de l’année! » Je leur ai donc demandé pourquoi ils avaient aussi hâte et ils m’ont répondu que malgré qu’il y ait beaucoup de festivals punk, la différence ici, c’est vraiment les gens. La communauté est trop forte, et tout le monde vient se recueillir au centre-ville de Montréal; « It’s like… Punk’s take over haha!!! » Walt Hamburger tant qu’à lui me disait qu’il se sentait comme s’il avait plus d’amis ici qu’à Montréal; « Les gens sont juste plus gentils de façon générale. Je ne sais pas comment l’expliquer. »

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                                                                                                                                                     ©Crédit photo : Maryse Phaneuf

Par la suite, j’ai rencontré des vétérans du Pouzza, School Damage, qui en étaient à leur quatrième ou cinquième, deux d’entre eux s’obstinaient sur le sujet, mais ils étaient tous les deux d’accord pour dire que la scène punk à Montréal est beaucoup mieux qu’à Toronto, leur ville natale. « Il y a beaucoup de shows à Toronto, on est presque trop gâtés. L’énergie n’est pas la même, elle est plutôt faible […] on devrait déménager à Montréal haha »

Et bien évidemment, je ne pouvais passer à côté d’un des groupes de femmes qui étaient très attendus au Pouzza, Mobina Galore deux musiciennes de Winnipeg.

: Comment c’est d’être deux femmes dans le milieu punk?

R. Marcia : Nous n’avons pas vraiment d’autres moyens de comparaison. On a beaucoup plus d’amis gars qui sont musiciens, mais j’ai l’impression que, personnellement, nous n’avons pas été traitées différemment. Je sais que généralement les filles ont un traitement différent, par exemple, statistiquement parlant, les femmes sont constamment dans la marge. Je crois que nous avons été chanceuses puisque nous avons eu, jusqu’à maintenant, une très bonne expérience dans l’industrie de la musique.

R. Jenna : Je crois aussi qu’indépendamment du genre (gender) d’une personne, la confiance en soi est vraiment importante. J’ai l’impression que n’importe quel nouveau band qui commence est un peu timide. Je crois que les femmes peuvent peut-être se sentir comme ça un peu plus longtemps que les hommes parce qu’elles ont l’impression qu’elles se font plus juger. Mais une fois que tu traverses cette phase, que tu comprends que c’est un travail personnel à accomplir, les gens te respectent et t’apprécient plus lorsque tu ne t’en soucies pas. Parfois nous essayons de tirer avantage du fait que nous sommes deux femmes. Certains endroits ont besoin d’un certain nombre de femmes présentes dans leur programmation, parce que le public reproche aux festivals d’avoir seulement des hommes musiciens. Je n’ai donc aucun problème à dire oui nous sommes deux femmes et on fait du punk. Je m’en fous d’utiliser cette opportunité si c’est pour nous aider à jouer, pourquoi pas.

Q : Il y a donc plusieurs autres festivals qui font l’effort comme le Pouzza d’avoir beaucoup de musiciennes dans leur programmation?

R : Oui. Les gens commencent à choisir de concentrer sur cet aspect, d’aller vers les femmes, trans, n’importe quelle autre catégorie que « homme blanc ». Je crois que les gens choisissent de mettre cela de l’avant. Nous étions au Festival Punk de Manchester, et ils projetaient des documentaires à propos de ce que c’est être une femme dans un groupe de musique. Je crois que c’est de plus en plus commun.

R.M : Je crois que dans notre style de musique c’est plus commun. Il y a beaucoup d’anarchistes, de pro femmes, de pro LGBTQ, des gens qui se battent contre le système, surtout en Europe, mais c’est présent partout, vraiment. Ça semble être un mouvement grandissant qui ne semble pas vouloir ralentir, du moins de ce que nous pouvons observer. Je crois que c’est de plus en plus commun et c’est vraiment bien.

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©Crédit photo : Maryse Phaneuf

Q : Vous parliez tout à l’heure du moment où l’on doit arrêter de s’en faire en tant que groupe ou musicienne et juste s’assumer. Quand a été ce moment pour vous?

J : Je ne sais pas vraiment quand ça c’est fait. Il y a une fois à Calgary, il y a quelques années, quelqu’un avait fait un commentaire sur nous. Il y avait des hommes qui étaient au bar longtemps avant le spectacle et ils avaient simplement assumé que nous n’étions pas musiciennes. Un d’eux avait répondu « oh wow, donc maintenant je dois rester pour voir ça ». Et ça m’avait donné le goût d’arrêter de m’en faire avec ça. Ça doit faire quatre ans ou quelque chose comme ça. Et maintenant je me dis, peu importe, je ne suis pas la meilleure guitariste ni la meilleure chanteuse, je m’en fous, tout le monde s’en fout.

M : De toute façon, très peu de musiciens sont les meilleurs musiciens. Parce que ce n’est pas toujours à propos ça, être la meilleure guitariste ou avoir la meilleure voix, Je veux dire, c’est qui ça? Adèle? Elle n’est dans aucun groupe de punk. Je crois vraiment que c’est une question de confiance peu importe si tu t’identifies à un homme ou une femme ou autre, il faut juste avoir confiance et donner de notre mieux.

Q : Vous avez sorti un nouveau vidéoclip il y a quelques semaines, travaillez-vous sur un nouvel album?

G : Oui, mais nous sommes toujours en tournée donc nous n’avons pas eu le temps de nous asseoir et composer. Nous avons plusieurs paroles, et structures de ce que les chansons vont être, mais nous aimerions avoir un nouvel album pour l’an prochain. On ne veut pas trop se presser, mais nous devons être à la maison et prendre le temps de jouer. On ne veut pas que ce soit merdique haha. Quand la tournée sera terminée, on va commencer à travailler là-dessus. Je suis super énervée. Nous avons de bons commentaires sur Fade away, on prévoit que l’album soit un mélange de nos deux premiers albums. On écoute nos albums pour essayer de nous améliorer et de mixer les vieux sons avec de nouveaux sons. Nous avons hâte, mais il y a encore un long bout de chemin à faire.

Si vous n’avez encore jamais été au Pouzza, je vous conseille fortement l’édition de l’année prochaine afin de découvrir la communauté punk, plusieurs bands et vous informer sur le féminisme en passant par là.

Texte révisé par : Annie Simard

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