Pouzza 8 avec Frankie Stubbs

Frankie Stubbs : un être sensible et vrai

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 ©Maryse Phaneuf/MatTv.ca

Par : Ariane Coutu-Perrault

Durant la fin de semaine du Pouzza, le chanteur Frankie Stubbs jouait trois soirs consécutifs au Katacombe. Auparavant leader du groupe Leatherfaceformé à la fin des années 80, il montait cette fois-ci seul avec sa guitare acoustique. J’ai eu l’honneur de m’entretenir avec cet homme intriguant et franchement rigolo. Frankie Stubbs a joué avec le groupe montréalais The Sainte Catherines, il y a quelques années. C’est donc un ami d’Hugo Muddie, co-fondateur du Pouzza.

Q: Vous montez seul ce soir sur scène, préférez-vous être accompagné d’un groupe?

R: Bien sûr que je préfère être avec un groupe. Mais ils sont tous en train de mourir haha j’ai l’impression d’être le seul encore ici. J’aimerais trouver d’autres gens avec qui jouer mais ça ne serait pas comme Leatherface. Je préfère les collaborations parce que partir en tournée, c’est toute ta vie qui tourne autour de ça, c’est comme être toi-même contre le monde.

Q: Ce n’est pas votre premier spectacle à Montréal, mais c’est votre première fois au Pouzza. Comment trouvez-vous cela?

R: En fait, c’est seulement la deuxième fois que je joue depuis 5 ans et demi. La première fois,  c’était le mois passé à Hambourg, en Allemagne. On m’a demandé de jouer ici autour du mois d’octobre passé et j’hésitais puisque je n’avais pas joué de guitare depuis un moment. Mais j’y ai pensé et je me suis dit que ça me tentait. J’ai donc dû réapprendre à jouer de la guitare. Mais c’est comme conduire une bicyclette. Quand j’ai repris ma guitare, je me suis dit merde ça fait mal comme quand j’ai commencé à jouer. Et maintenant, je joue tous les jours et je n’arrive pas à ne pas jouer tous les jours. J’adore ça, j’avais arrêté d’aimer ça, mais j’aime ça de nouveau.

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Q: Pourquoi aviez-vous arrêté d’aimer jouer de la musique ?

R: À cause de tout ce qui vient avec. Tout le côté business et regarder tes amis mourir à travers ça. Mais vraiment maintenant, j’adore ça. Je n’arrive pas à ne pas avoir ma guitare avec moi. Hier soir, quand je suis rentré à l’hôtel après le spectacle, je ne trouvais pas ma guitare. Et je ressentais le besoin de jouer parce que c’est ma nouvelle amie et maintenant, elle est toujours avec moi. Et quand la musique n’est que ça, j’adore ça. Mais pas quand la business entre en jeu. Je veux juste jouer

Q: Ressentez-vous cette pression durant le Pouzza?

R: Non pas du tout! Tout est bien organisé et c’est cool. On a des billets pour la bière et quand j’ai dit que j’aimerais vraiment avoir un verre de vin sur scène, il en avait un quand je suis monté sur la scène. C’est ce genre de petit détail qui est bien. On ne sait jamais, à certains endroits, ils auraient pu me répondre qu’ils s’en foutaient. Mais ici, c’est vraiment bien! J’ai mentionné mon verre de vin et il était là. Je l’ai presque accroché d’ailleurs. Je devrais demander une petite table pour ce soir et peut-être une petite lampe. Comme ça, je pourrais ouvrir la lumière et peut-être une petite télévision. Faire comme si j’étais dans mon salon avec mes meubles et tout haha.

Q: Diriez-vous que Montréal vous fait sentir à la maison?

R: Quand on part en vacances dans une ville étrangère, tout ce qu’il y a, c’est une tonne de gens anglophones. Comme à Cuba, il y a plein d’anglophones, mais on ne peut pas mélanger tout le monde. Les gens n’ont rien en commun. Mais quand on vient dans des endroits comme ici pour le Pouzza ou le Fest de Gainesville, les gens sont ouverts d’esprit donc finalement on se sent plus à la maison que quand on est vraiment à la maison.

Frankie Stubbs a joué une deuxième et troisième performance très touchante. Espérons que son expérience au Pouzza va avoir fait son effet et qu’il sera de retour bientôt à Montréal.

Texte révisé par : Marie-France Boisvert

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