Osheaga Jour 2 : Après la pluie, les confettis!

Des chanteurs fougueux à l’honneur!

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©Maryse Phaneuf/MatTv.ca

Par : Marie-Claude Lessard

Le soleil étant enfin au rendez-vous, les festivaliers ont afflué en masse sur le site aménagé sur l’île Notre-Dame. Attendre de longues minutes (à comprendre ici environ une heure )à l’entrée a fortement valu la peine (n’empêche que le nombre des postes d’entrées serait à revoir), car les artistes ont offert des performances entraînantes et stimulantes. Voici un retour sur les moments phares de la deuxième journée.

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Liam Gallagher 

Bravant la chaleur avec  sa marque de commerce, son imperméable noir, le chanteur d’Oasis a proposé un mélange de ses pièces issues de son projet solo As You Were qui paraîtra en octobre et certaines du mythique groupe. Avec sa voix si distinctive et empreinte d’émotions, ce maître de la britpop a semblé s’amuser – à sa manière- sur la Scène de la Montagne, lui qui a abruptement quitté celle du Lollapalooza après 20 minutes de concert. Celui qui a la réputation d’avoir une humeur maussade assez imprévisible a fait démentir ces rumeurs, hier, en interagissant fréquemment avec le public, lui demandant s’il y avait des gens originaires de Chinatown avant d’entamer la chanson du même nom.Il a plongé la foule dans une ambiance rock agréable sans toutefois la survolter.

Il faut admettre, même si cette nostalgie revêt une certaine fermeture d’esprit, la foule s’était principalement entassée devant la scène et tout autour (même de l’autre côté des clôtures) pour entendre la déclaration d’amour indémodable qui unit toutes les générations : Wonderwall. Comble du bonheur, Gallagher l’a offerte au public osheagais dans une version acoustique fort satisfaisante. Il fallait s’en réjouir de toute manière, car l’artiste ne la chante pas instantanément à tous ses spectacles.

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Cage  The Elephant

Le lien privilégié unissant le  Québec et Cage The Elephant ne s’est pas démenti, hier sur la scène principale, bien au contraire. Sous un soleil plombant, les fans ont affiché fièrement leur excentricité et leur désinvolture (on fait référence ici aux deux gars déguisés en magiciens et à la poupée gonflable qui a atterri dans la zone VIP), ce qui a donné lieu à une atmosphère aussi folle que l’énergie de l’infatigable chanteur de la formation, Matt Shultz.

N’ayant pas de nouvelles chansons originales à défendre, Cage The Elephant a enchaîné les hits, ce qui a permis aux gens de constater à quel point le groupe américain connait des succès commerciaux d’album en album depuis près de 10 ans. L’enfilade des titres Cry Baby, In One Ear, Too Late To Say Goodbye, Ain’t No Rest For The Wicked, Mess Around, Trouble, Cigarette Daydreams et Closer a prouvé que le groupe rock sait pondre des mélodies accrocheuses et renouvelées tout en conservant leur signature sonore. Un public de tous les âges et avenues musicales s’identifie aux textes poignants du groupe. Même si vous l’ ayez vu en concert une ou dix fois , votre admiration envers Matt Shultz ne peut s’estomper. D’un bout à l’autre de la scène, il a enjôlé le public avec des mimiques faciales si expressives qu’il semblait parfois possédé!

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Jon Bellion

Le premier spectacle en sol montréalais de Jon Bellion a essentiellement attiré un public jeune. Mélangeant électro, pop et hip-hop, le New Yorkais de 26 ans a débuté son concert en trombe en interprétant sa pièce la plus connue, All Time Low, dans les dix premières minutes. Cette décision audacieuse n’a point entravé le rythme, car la plupart des spectateurs connaissaient sur le bout de leurs doigts les autres titres composant The Human Condition, sorti en 2016.

Supporté par son fidèle complice Travis Mendes qui agissait tantôt comme animateur de foule, tantôt comme choriste, Bellion a fait preuve d’un dynamisme hors pair. Celui qui rappelle vaguement Beastie Boy ou encore Run DMC qui devrait  par contre peaufiner certains de ses beats servant de build up à ses chansons car ils deviennent vite redondants et ne rendent pas justice aux textes à la fois loufoques et réfléchis. De plus, l’artiste a demandé à plusieurs reprises aux gens de lever les mains en l’air aussi haut qu’ils le pouvaient. Mêmes les plus déterminés semblaient lassés lors des derniers morceaux.

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Major Lazer

Jeux de lumières épileptiques, danseuses, confettis…Diplo, Jillionaire et Walshy Fire ont mis le paquet pour prolonger le party sur le site. Ils avaient la lourde tâche de succéder à Justice, une autre formation dance qui a commis un sans faute lors de la même plage horaire – et sur la même scène- vendredi soir. Le trio a réussi à livrer la marchandise malgré des problèmes techniques qui ont débuté à mi-parcours. Le public en a fait fi, trop heureux de se trémousser sur des remix créatifs alliant les succès commerciaux de Major Lazer (dont Cold Water) et les chansons connues de d’autres artistes comme All I do is win de DJ Khaled.

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Muse

Le trio anglais a poursuivi son passage remarquable au Québec à peine un mois après leur passage au Festival d’été de Québec. Les critiques avaient été élogieuses envers Muse, et elles le seront encore pour la performance offerte à Montréal. La réputation enviable que le groupe s’est forgée au fil des années concernant l’enrobage visuel à saveur futuriste s’avère si fondée et impressionnante que même les gens les moins avides du son rock/ électro/alternatif de la bande de Matthew Bellamy y trouvent leur compte.

Au son de Dig Down, le tout nouveau extrait radiophonique du groupe, des colonnes diffusant des projections numériques colorées se sont déployés avec flamboyance. Les musiciens ont débarqué sur la scène avec la même fougue et les mêmes instruments agrémentés de lumières. Ses yeux étant emprisonnés dans des lunettes néon bleues, Bellamy a laissé sa puissante voix connecter avec le public, qui était en liesse dès la première note.

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Même si Drones, le dernier disque de la formation, a essuyé une presse plutôt négative, Muse est parvenu à lui donner une seconde vie fascinante sur scène. Certes, les divers changements de position des colonnes et les captations inventives permettant d’avoir un accès plus intime et éclaté des musiciens ont contribué  au succès de la présentation. La maestria des couleurs et des éclairages a captivé et coupé le souffle au même titre que les envolées instrumentales, spécialement celles accomplies avec les guitares. Le complice trio se permettait des improvisations qui ont enivré la foule.

Évidemment, tous les plus grands succès ont été interprétés. Les spectateurs, fort participatifs, ne se sont pas gênés pour s’époumoner sur Resistance, Mercy, Dead Inside, la lumineuse Starlight et Time is running out. Entendre des milliers de voix raconter leur déchirante histoire sur Madness était particulièrement émouvant. Pour couronner le tout,  une exaltante explosion de confettis et de guirlandes avant les rappels (Uprising et Knights of Cydonia). Une autre preuve qu’à Osheaga, un geste tout simple suffit à émerveiller et marquer les esprits…

 

Crédit photo : ©Maryse Phaneuf/MatTv.ca

Texte révisé par : Louisa Gaoua

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