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Ode à la beauté : entre harmonie et chaos

Les Grands Ballets canadiens revisitent le travail de Stravinsky

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© Les Grands Ballets canadiens

Par : Rosalie Dion

La première mondiale du Sacre du printemps, chorégraphiée par Étienne Béchard, avait lieu ce jeudi au Théâtre Maisonneuve. Un mariage heureux de danse, de musique et de chant qui se conclut par L’Oiseau de feu de la chorégraphe américaine Bridget Breiner.

Le spectacle est fragmenté en cinq parties qui revisitent le travail de Stravinsky, compositeur et chorégraphe russe. Sa pièce, Le Sacre du printemps, a été créée à Paris en 1913. L’Oiseau de feu, pour sa part, est inspirée d’une légende russe, où la chorégraphe Bridget Breiner y a imaginé une ode à l’espoir d’un monde nouveau. Ces cinq parties représentent respectivement cinq récits, cinq danseurs et cinq façons de concevoir la fureur de vivre, jusqu’à en mener à la mort.

La première danse est d’une hypnotisante symbiose : la dizaine de danseurs ne font plus qu’un. Leur unité est cependant rapidement rompue pour laisser place à des sous-groupes qui se meuvent avec quelques secondes de délai. On assiste maintenant à de nombreux changements de rythme : l’adagio devient presto et le decrescendo devient crescendo.

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De nouveaux visages viennent visiter la scène : deux chanteuses d’opéra, accompagnées de deux violoncellistes et un organiste, donnent le ton à cette partie du spectacle. Deux semi-solistes les accompagnent en s’adaptant à leur rythme. À de nombreuses reprises, le silence laisse les danseurs à eux-mêmes, leur donnant la responsabilité de transmettre l’émotion sans support musical.

La précision des mouvements est accentuée par un jeu de lumières qui varie tout au long du spectacle. Dans la troisième partie, les trois danseurs s’échangent entre eux un faisceau de lumière : il se déplace de part et d’autre de la scène, les mouvements sont reproduits par leur ombre et ils gravitent tous ensemble autour de la lueur.

L’Oiseau de feu

Le spectacle se conclut avec Le sacre du printemps. C’est alors que le décor change drastiquement : les danseurs sont séparés en deux groupes de part et d’autre de la scène. Vêtus de noir, les danseurs défendent leur place supérieure. Les autres tentent de venir les rejoindre. Une première personne glisse. Rejetée par le groupe vêtu de couleurs de cuivre, elle tente de remonter. Même scénario : son corps est balancé jusqu’à en revenir à la case départ. Le groupe inférieur gagne le haut du pavé, et les rôles sont inversés. Un combat entre deux groupes pour une domination, tout en douceur.

On lui retire alors sa robe noire : elle devient donc une membre du groupe inférieur. Si le message véhiculé est puissant, il peut être interprété de nombreuses façons. Dans cette partie du spectacle, le chaos l’emporte sur l’harmonie. Un magnifique chaos, néanmoins.

Les représentations ont lieu jusqu’au 24 mars, où les spectateurs pourront redécouvrir, à leur façon, leur conception de la danse moderne et des nouvelles façons de la réinventer.

Texte révisé par : Johanne Mathieu

 

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