Neil Young au FEQ

Le rock and roll, vieux bien vivant!

© Stéphane Bourgeois/ Photo officielle

Par : Ariane Coutu-Perrault

Si  Neil Young chantait Rock and roll can never die à la fin des années 70, il a prouvé, vendredi dernier à la foule des Plaines d’Abraham, que le rock était simplement vieux, mais encore en pleine forme. C’était la toute première fois que le célèbre chanteur performait  dans la Vieille Capitale et il n’a pas manqué d’offrir son meilleur tout en démontrant qu’il n’y a pas d’âge pour le rock. La musique de M. Young a très bien traversé les époques, tout comme lui d’ailleurs, ce qui a permis une performance exceptionnelle d’un vieil homme se tenant devant ses fans de différentes générations.

Le spectacle a commencé de façon simple et naturelle, avec le vétéran, chapeau à la tête, vêtu d’un simple t-shirt et d’une chemise à carreaux, montant sur scène accompagné du groupe Promise of the real. Sans extravagance, il prend sa guitare et commence avec Like an inka dans une performance improvisée et étirant la chanson de plusieurs minutes, ce qui allait donner le ton pour le reste de la soirée. Neil Young et ses musiciens ont vraiment l’air de s’amuser et offrent une performance honnête, presque intime, à la bonne franquette, mais avec un professionnalisme hors pair.

Neil Young apparaît alors sous un halo de lumière pour jouer une longue et douce intro de Cortez  the killer, juste avant de mettre le feu aux Plaines avec Keep on rockin’in a free world. La chanson qui, vous l’aurez deviné, a duré très longtemps, rajoutant un dernier refrain, comme si eux non plus ne voulaient pas que ça se termine, le sourire fendu jusqu’aux oreilles.

© Stéphane Bourgeois/ Photo officielle

Le maître du folk laisse ensuite la place à ses musiciens, Luke Nelson pour jouer une de ses compositions, Turns off the  news, offrant une jolie harmonie à trois voix avant de laisser Micah Nelson avoir son moment de gloire à son tour. Moment honorable de la part de Young, mais qu’on se serait bien passé. Il se fait rapidement pardonné en poussant les premières notes de Down by the river,  démontrant qu’il a toujours de la voix et qu’il fait bien ce qu’il veut durant un long, chaotique, mais mélodique solo de guitare, que seul lui peut faire. Pendant ce temps, l’oiseau perché en haut de la scène descend tranquillement, pour nous laisser découvrir un clavier avant de jouer Like an hurricane partant dans un délire musical, offrant tout ce qu’il a, jusqu’à en perdre les six cordes de sa guitare électrique, les agitant jusqu’au dernier son. Il se retourne nonchalamment, l’air de dire bon, amenez-moi une autre guit, je n’ai pas terminé. Il joue alors It’s an angry world puis Hey Hey, My My dans un rock and roll incontestable, avant de disparaître sous une tonne d’applaudissements.

Alors qu’on croyait que Neil Young était parti se coucher après une telle prestance sur scène, il revient en force, plusieurs longues minutes d’ovation ininterrompues, avec une touchante prestation de Harvest Moon. Alors que le marathon de changement de guitare est toujours en cours, il s’adresse une dernière fois au public en disant : « We are almost out of time » avant de prendre sa dernière guitare, toute écorchée, la seule chose qui trahissait l’âge de Young, et de jouer sa dernière chanson, Roll and other number (for the road). Neil Young a bien choisi ses musiciens, partageant la scène avec un dynamisme incroyable et sympathique, qui vaut mieux que n’importe quels effets de lumières. La musique et seulement la musique est à l’honneur durant presque deux heures de spectacle.

Crédit photo : © Stéphane Bourgeois et Sébastien Dion / Photos officielles

Texte révisé par : Annie Simard

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