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Ne femme jamais ta gueule, Mariana!

Un premier spectacle solo rafraîchissant!

2016_11_09_marianamazza_004©Simon Paradis/MatTv.ca

Par : Marie-Claude Lessard

Hier soir, le Théâtre St-Denis fourmillait d’artistes et de jeunes adultes curieux de découvrir ce que la délirante Mariana Mazza réservait pour la première médiatique de son attendu premier one woman show intitulé Femme ta gueule, et elle n’a pas déçu.

Comme il fallait s’y en attendre, cela n’a pas pris 5 minutes avant que la survoltée humoriste ajoute son hilarant grain de sel sur la victoire de Donald Trump (« Je suis à moitié arabe, à moitié latine, et j’ai l’air d’une gouine. Je suis très heureuse de ne pas me réveiller ce matin aux États-Unis! »), démontrant d’entrée de jeu qu’elle n’avait pas l’intention, à notre plus grand plaisir, de se censurer sur aucun sujet.

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Vêtue d’un long peignoir, elle est apparue sur scène au son d’une entraînante chanson pop exotique. Celle qui exposait fièrement ses tatouages en portant un tailleur sans manches, des bas colorés et des souliers argentés n’a pas tardé à faire valoir son énergie et son franc-parler déjà légendaires. La simplicité du décor, constitué de seulement deux éléments (un mannequin sur lequel reposait le peignoir et un tabouret à l’effigie de Frida Kahlo, artiste que Mariana affectionne tout particulièrement), a offert un efficace contraste avec la personnalité flamboyante de l’humoriste, évitant ainsi une surcharge.

Son aisance scénique n’a eu d’égal que son charisme. Pendant (un trop court) 90 minutes, elle a couru, sauté sur place et parlé fort. Impossible de la quitter des yeux. Uniquement une expression faciale suffisait pour déclencher les rires. Définitivement, elle est tombée dans la marmite du parfait delivery lorsqu’elle était petite!

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Porte-parole de sa génération, la femme de 26 ans a proposé un regard extrêmement lucide et sans complaisance sur la société dans laquelle elle évolue. Aidée par les scripteurs Michel Sigouin, Simon Delisle, Thomas Levac et Odrée Rousseau, elle a efficacement navigué entre des thèmes légers et plus sérieux pour mieux faire passer son message principal : une femme a le droit de dire et faire ce qu’elle veut. L’utilisation du mot femme dans le titre signifie donc bien plus qu’un jeu de mots. Qu’elle traite de son taux élevé de testostérone, son amour pour Éric Lapointe ou de sa pilosité, Mariana n’a pas peur d’aborder des tabous et ne pas se présenter sous son meilleur jour, ce qui est bien sûr absolument rafraîchissant et nécessaire, spécialement pour les jeunes femmes composant majoritairement son public.

Audacieuse, elle ne se gêne pas pour parler sans filtre des hauts et des bas de sa vie de célibataire. En exploitant en profondeur des thématiques auxquelles sont confrontées toutes les femmes sans exception, elle permet à ces dernières d’amorcer une  certaine prise de conscience. Mariana Mazza illustre avec une authenticité poignante la pression sociale affligée aux femmes pour se conformer aux standards esthétiques en décrivant comment se déroule une séance aux cabines d’essayage. Devant le grand miroir placée à l’extérieur des cabines (qu’elle a surnommé à juste raison le mur des lamentations), les filles ont tendance à se dénigrer et pointer tous leurs défauts au lieu de s’aimer telles qu’elles sont.

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Alors que les gens présents au parterre riaient fréquemment, mais pas à tout rompre, ceux se retrouvant au balcon s’esclaffaient à pleins poumons. Il faut dire que la gagnante d’un Olivier pour son numéro Sable dans le vagin a le don d’enfiler les blagues à une vitesse folle. Les segments dans lesquels elle prenait son cellulaire pour lire de (véritables) messages qu’elle a reçu de fans qui tentent maladroitement de flirter avec elle ou de l’insulter étaient totalement jouissifs. Le numéro sur la Diva Cup en est également un d’anthologie et risque de passer dans les annales. On ne vous en dit pas plus!

Sacrant beaucoup et parlant de sexe (surtout de masturbation) sans vergogne, la chouchou des adolescents grâce aux émissions Med et Code F a décidé de classifier son spectacle 16 ans et plus. Lors de ses multiples rodages, elle a rapidement constaté que cet avertissement n’a pas empêché des filles et garçons de moins de 15 ans à venir assister au spectacle. Elle leur fait donc goûter à leur propre médecine en conversant longuement avec eux sur la masturbation. Hier soir, les adolescents ont très bien réagi, ce qui a donné droit à des moments à la fois délicieux et teintés de (beaux) malaises.

Mariana Mazza sera en tournée partout au Québec au cours des prochains mois. Pour tout connaître sur Femme ta gueule, cliquez ici!

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