Mogwai

Mogwai présente Atomic au Théâtre St-Denis

Un mur de son pour raconter le nucléaire

atomic

par Mélissa Thibodeau

Le groupe post-rock expérimental écossais Mogwai concluait hier soir au Théâtre St-Denis la portion nord-américaine de leur tournée Atomic. Le groupe y a présenté dans son intégralité cette trame sonore pour le documentaire Atomic: Living in Dread and Promise alors que les images du film étaient diffusées derrière eux.

Destiné à BBC 4 (la télévision publique britannique), ce documentaire réalisé par Mark Cousins a tout d’abord été présenté en août 2015 pour commémorer le bombardement de Hiroshima, survenu 70 années auparavant. Le film connaîtra une vie plus longue que prévue alors que Mogwai a décidé de partir en tournée avec les chansons composées pour l’occasion.

Atomic a été élaboré à partir d’images d’archives faisant référence autant aux horreurs du nucléaire — sa dévastation, la mobilisation organisée les années subséquentes pour le désarmement, les explosions de Chernobyl et Fukishima —, mais également à la beauté du monde atomique qui grâce aux radiographies et IRM, aura contribué à améliorer la qualité et la durée de vie des êtres humains.

La formule était simple. On s’assoit dans l’auditoire. On remarque l’écran au fond de la scène prêt à recevoir les projections. Les lumières s’éteignent, on commence à applaudir. Le groupe prend place dans la noirceur. On remarque que l’un d’entre eux salue la foule, mais ce sera la seule fois qu’il y aura interaction directe avec le public. Les musiciens resteront statiques et dans l’ombre alors que l’auditoire fixe les images du film où la vie côtoie la mort.

De l’attaque sur Hiroshima, à travers la guerre froide, en passant par les tragédies de Tchernobyl et de Fukushima, la musique s’adapte. Du chaos tonitruant causé par les bombes, elle devient plus subtile lorsque l’on parle des avancées de la science nucléaire en médecine. Le doute n’est jamais loin toutefois.

Dans le contexte actuel, ce concert est plutôt troublant. Sans avoir besoin de nous rappeler le contexte de la Deuxième Guerre mondiale, on nous rappelle à quel point l’être humain peut faire preuve de cruauté envers l’autre. Une fois le film terminé, les membres du groupe quittent un à un la scène, nous laissant seuls avec nos pensées. La guerre froide a peut-être pris fin il y a de cela plus de 20 ans, mais malheureusement, nous sommes toujours loin d’une stabilité planétaire.

 

Source de l’image de couverture : Page Facebook du groupe

Texte révisé par : Ho-Chi Tsui

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