Levée de rideau au théâtre Prospero

Une niche culturelle aux qualités existentielles puissantes

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Oxygène © Matthew Fournier

Par Sébastien Bouthillier

Le théâtre Prospero, la niche théâtrale du Centre-Sud, réitère sa position d’«outsider» à la levée de rideau de la saison 2015-2016.

Cette année encore, le théâtre du Groupe de la Veillée revendique l’authenticité et l’audace des créateurs qu’il présente.  Les pièces de la saison revêtent un «caractère spécifique» et révèlent des «qualités existentielles puissantes», selon la directrice artistique Carmen Jolin, qui signe la programmation.

 

De l’air! 

Ivan Viripaev inaugure la saison avec Oxygène, dramaturgie provocatrice au texte revendicatif et à l’inhabituelle structure.  Emblème de la nouvelle dramaturgie russe, il court-circuite les rapports attendus des spectateurs envers le théâtre.  Un gars et une fille interpellent l’histoire mondiale et l’actualité dans une joute verbale.  Si les écritures bibliques les inspirent, ils se détournent des saints commandements.  Du 15 septembre au 3 octobre.

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 Oxygène © Jean-François Brière

Inspirée des Métamorphoses d’Ovide, la tragédie Si les oiseaux illustre la transformation de deux sœurs au destin mortifère en oiseaux volant au purgatoire.  L’agression subie par la cadette a provoqué la vengeance de son aînée.  Lequel des oiseaux brisera le silence pour dire la honte vécue au Rwanda, en Bosnie, au Bangladesh, à Nankin ou à Berlin?  Pour dire l’atrocité des conflits armées du 20e siècle.  Du 13 au 21 octobre.

 

Fédor Dostoïevski

Le Prospero honore doublement Fédor Dostoïevski (1821-1881).  La scène principale et la salle intime accueilleront chacune une pièce de cet éminent écrivain russe.

Le joueur ressemble à une autobiographie romancée, car Dostoïevski était criblé par ses dettes de jeu.  Et si l’argent était un substitut de l’amour ne pouvant être révélé que par le jeu?  L’action se déroule dans la ville allemande imaginaire de Roulettenbourg, dont le casino attire les Russes, où s’installe une rivalité amoureuse internationale entre russes et Occidentaux.  Du 26 janvier au 20 février.

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 Le joueur © Jean-François Brière

L’homme du sous-sol vocifère ce qu’il pense, ne supporte plus les autres ni la solitude.  Soit il est malade, soit la société a un problème…  Il résout les problèmes les uns après les autres, mais l’importance et l’urgence de ceux-ci augmentent.  De leur côté, les hommes normaux n’ont pas de problème parce qu’ils sont bêtes.  Leur bêtise témoignerait de leur normalité.  Le Kosovar Simon Pitaqaj met en scène et joue l’homme qui dit haut et fort ce qu’il pense.  Du 28 janvier au 13 février.

 

Wajdi Mouawad traduit Irvine Welsh

Porté à l’écran en 1996, le roman Trainspotting de l’Écossais Irvine Welsh est traduit par Wajdi Mouawad et Martin Bowman.  En banlieue d’Édimbourg, traîne la jeune racaille du coin.  Mark, Sick, Begbie et Allison consomment de la drogue pour s’évader.  Parmi le groupe d’amis, Tommy vivra une dépendance d’un autre genre.  Ils jettent un regard franc sur leur naufrage existentiel.  Du 26 avril au 14 mai.

 

En rappel

Le jour d’anniversaire d’un politicien notoire, un juge au seuil de la retraite et ses sœurs terminent leurs préparatifs pour la cérémonie.  Mais le rituel se conclura plus tôt que prévu cette année, à cause de ressentiments et d’histoires personnelles qui les rongent.  Gabriel Arcand, Violette Chauveau et Marie-France Lambert incarnent le juge et ses sœurs.  Avant la retraite, du 17 novembre au 5 décembre.

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