Les hors-la-loi

John Wayne se prend pour Jerry Lewis… et ça fonctionne!

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Par : Marie-Claude Lessard

Créer un western hilarant, voici le défi que s’est donné le comédien Francis Vachon pour sa première création et deuxième mise en scène au Théâtre Des Hirondelles. Sur papier, Les hors-la-loi semble être un pari périlleux et hautement casse-gueule. Sur scène, grâce à des acteurs dotés d’un timing comique irréprochable, le résultat s’avère drôlement divertissant à défaut d’être totalement crédible.

Comédie légère ne se prenant nullement au sérieux, Les hors-la-loi relate le rocambolesque quotidien de Maxime (Dominique Pétin), tenancière du saloon Le fond du baril, qui tente par tous les moyens de conserver son établissement malgré les factures qui s’accumulent, les clients réguliers qui ne paient jamais et les tentatives incessantes du maire (Denis Houle) pour acheter la propriété qui tombe en ruine. Fort heureusement, l’arrivée de deux jeunes chanteuses/danseuses aguichantes (Véronique Claveau et Émily Bégin) fera résonner le tiroir-caisse… jusqu’à ce qu’un exploitant pétrolier (Jérôme Roy) menace de faire littéralement tout exploser.

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En début de parcours, le narrateur mentionne que l’histoire se déroule lors de l’année 1899. Or, pour le bienfait de plusieurs blagues, bien des éléments de l’intrigue regorgent d’anachronismes (à moins que vos manuels d’histoire de la petite école contenaient des paragraphes expliquant que les habitants du Far West faisaient des selfies avant de pratiquer le Gangnam Style!). Ces contradictions d’ordre chronologique rebuteront certains spectateurs alors que d’autres embarqueront à pieds joints dans la proposition, ne cherchant qu’à s’esclaffer sans trop se casser la tête. D’ailleurs, n’est-ce pas précisément la définition d’un théâtre d’été? Francis Vachon a parfaitement ciblé les désirs et attentes de son public cible en offrant un efficace feu roulant de jeux de mots savoureux. Même si ce dernier devient par moments trop abondant et noie la cohérence du récit, il n’en demeure pas moins que la pièce captive et remplit avec brio sa mission de faire sourire en déconstruisant les stéréotypes reliés au western.

Évoluant dans un décor sublime et grandiose signé Martin Fontaine, les comédiens parviennent à maîtriser les subtilités du texte tout en insufflant une personnalité propre à leur personnage. Évitant la plupart du temps de surjouer, ils deviennent rapidement attachants. Leur dévouement physique y est beaucoup pour quelque chose, spécialement lors de l’irrésistible numéro musical qui allie danse, chant country… et une formidable prestation de Summertime par Dominique Pétin. Cette dernière, ayant la lourde tâche de camper le rôle principal, affiche une force de caractère et un charisme remarquables. Devant se mettre dans la peau de trois personnages, Denis Houle vole pratiquement la vedette en s’abandonnant sans aucune réserve à ses rôles. Son rire démoniaque risque de vous hanter pendant plusieurs jours! Émily Bégin et Jérôme Roy, bien que plus effacés, livrent des performances fort admirables. Héritant des partitions les plus dangereuses dues à leur degré élevé de cabotinage, Jean L’Italien et Véronique Claveau s’en tirent à bon compte, délivrant leurs répliques avec une naïveté désarmante. On ne peut que se laisser prendre au jeu et rire de bon cœur en entendant leur logique déficiente écrite intelligemment.

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Bref, si vous voulez vous reposer pendant 120 minutes, rire un bon coup et apprécier le talent d’acteurs fabuleux, la pièce Les hors-la-loi, présentée au Théâtre Des Hirondelles jusqu’au 27 août, a été taillée sur mesure pour égayer votre été!

Texte révisé par : Matthy Laroche

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