Les figures de l’ombre

Des femmes inspirantes pour qui Sky is the limit!

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Par : Marie-Claude Lessard

Précédé par un écho critique plus que favorable dont une certification fresh par le célèbre site Rotten Tomatoes, Les figures de l’ombre débarque en salle aujourd’hui, deux jours avant les Golden Globes, prestigieuse cérémonie hollywoodienne dans laquelle le film jouit de deux nominations. À défaut de transcender les codes du drame historique, cette oeuvre inspirée d’événements réels les utilise d’une manière si habile qu’elle a tout pour plaire, autant à l’industrie qu’au public.

Impossible en effet de ne pas s’attacher instantanément aux trois femmes au talent injustement sous-estimé auquel le titre fait brillamment référence. Veuve et mère de trois petites filles, Katherine Goble (la fantastique Taraji P.Henson) parvient à résoudre des équations mathématiques hautement complexes. La jeune maman Mary Jackson (la dynamique Janelle Monáe) chérit depuis sa tendre enfance le rêve de devenir ingénieure et possède toutes les aptitudes requises pour atteindre cet objectif.  L’informatique et le leadership n’ont aucun secret pour Dorothy Vaughan (l’imposante et touchante Octavia Spencer).

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Au début des années soixante, ce trio irrésistible travaille à la NASA, mais pas au sein de postes qu’il désire. Pour une raison de couleur de peau, Katherine, Mary et Dorothy sont confinées dans une section isolée du bâtiment où elles exécutent des calculs. Or, talonnée par la Russie qui a déjà envoyé un humain dans l’espace, l’Amérique se voit dans l’urgence de répliquer en envoyant rapidement un homme sur la Lune. C’est alors que Katherine se taille difficilement une place dans l’équipe menée par Al Harrison (Kevin Costner) ayant pour mission de calculer avec une précision chirurgicale les trajectoires d’atterrissage des astronautes qui s’adonnent à de multiples tests dans l’espace.

Même si ces dames ont accompli un travail essentiel absolument incroyable, tous leurs efforts sont restés tapis dans l’ombre trop longtemps pour des questions raciales. Évidemment, les tensions liées à cette profonde injustice constituent le cœur du scénario qui regorge de répliques frustrantes lancées avec venin par des personnes blanches (volontairement?) ignorantes. Cette thématique, bien qu’importante, ne serait-ce que pour la prise de conscience qu’elle représente, fait l’objet de bien des films depuis les dernières décennies, chose qui devient de plus en plus lassante pour des cinéphiles aguerris qui visionnent ce genre d’oeuvre plusieurs fois par année. Or, le script de Les figures de l’ombre, grâce à un humour charmant et des lignes cinglantes, divertit et éduque même si les sujets abordés résonnent depuis belle lurette dans l’esprit de la plupart des spectateurs. Les auteurs ont également le mérite d’aborder intelligemment les sacrifices familiaux, conséquences inévitables à une carrière professionnelle prospère et enrichissante, spécialement pendant l’époque dépeinte.

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Classique, la trame narrative (ainsi que sa structure) ne réserve pas de grandes surprises, mais comporte suffisamment de moments dramatiques stressants pour maintenir l’intérêt. La bande sonore aux accents modernes et rétro signée Pharrell Williams appuie extraordinairement les scènes émotives et apportent du rythme à celles davantage banales. Le courage et la persévérance des héroïnes forcent l’admiration. Le trio d’actrices les campant contribue grandement au succès de ce long-métrage inspirant. Les comédiens gravitant autour d’elles font bonne figure, malgré les légers cabotinages de Jim Parsons et le ton morne de Kevin Costner.

Soulignant l’importance de dénoncer les injustices sociales et de se battre pour faire valoir sa place , Les figures de l’ombre s’avère être un récit à saveur féministe réjouissant, particulièrement en ces temps plutôt troubles.

Note : 3.5/5

Texte révisé par : Marie-Eve Brisebois

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