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Le destin des dangereux : Dérapage contrôlé

Comme toujours, divertissant mais redondant

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Par : Marie-Claude Lessard

La huitième mouture de Rapides et Dangereux ne décevra d’aucune manière les fans purs et durs, car elle livre toutes les pièces qui ont mené au succès mondial de la franchise : des filles légèrement vêtues se trémoussant le popotin, des courses d’automobile endiablées se déroulant dans des endroits inusités, des paysages paradisiaques, des valeurs familiales sirupeuses, des scènes de combat spectaculairement chorégraphiées et des répliques absolument tordantes.

La trame narrative de cet opus repose entièrement sur le retour de Dom Toretto (Vin Diesel, fade) vers le côté obscur de la force. Emprisonné dans les filets de la méchante pirate informatique Cipher (convaincante Charlize Theron [plus que son allure capillaire]) pour une raison qu’on préfère taire ici, il abandonne son équipe (sa famille), y compris sa douce Letty avec qui il a passé une lune de miel à la Havane. Dirigée par Hobbs (hilarant Dwayne Johnson), la bande fidèle tente de contrecarrer les plans de leur ancien leader tout en le ramenant à bon port.

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Or, le scénario a du mal à rendre crédible le fait que Dom devienne l’ennemi. Le fait que le secret de ce revirement de situation soit dévoilé assez tôt dans l’oeuvre d’une durée (beaucoup trop longue) de 136 minutes n’aide en rien, car il fait perdre un bon nombre de tensions dramatiques. Il donne l’impression que les scripteurs ont épuisé toutes leurs idées. Même si le film réserve quelques rebondissements que nous voyons difficilement venir, la prévisibilité dans la structure du récit frustre. De suite en suite, on a droit à la même conclusion.

Sous la houlette de F. Gary Gray (Straight Outta Compton), les scènes de poursuites ne manquent pas d’impressionner et de nous river à notre siège. Les ralentis permettent de mieux s’immiscer dans l’action, même le réalisateur en abuse légèrement en fin de parcours. Certaines scènes nous font décrocher par leur aspect hautement exagéré. Après huit aventures, il est un peu normal que les artisans aient fait le tour des possibilités en matière de courses. C’est pourquoi on nous sert ici davantage de destructions de véhicules que de réelles balades survitaminées, ce qui freine l’enthousiasme. Même pour une franchise qui se prend rarement au sérieux, certains emplacements s’avèrent complètement absurdes et incohérents (dont la néanmoins magnifiquement exécutée autoactivation de véhicules en plein New York).

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Heureusement, la dose d’humour insufflée au long-métrage frappe parfaitement la cible, encore plus que dans les installations précédentes. Plusieurs dialogues deviendront probablement cultes de par leur construction mordante. L’ajout de nouveaux personnages s’insère à merveille dans l’ensemble. Le nouveau venu Scott Eastwood (oui, le fils de Clint) se fond avec aise dans la gang. Les acteurs partagent encore une chimie irrésistible. Aussi, il faut souligner le sublime caméo dans la seule et unique Ellen Mirren!

Bref, pour toutes ces raisons, Le destin des dangereux devrait être la conclusion de la saga, même si ça ne sera certainement pas le cas. L’appât du gain, quand tu nous tiens! Encore là, il n’y a pas une séquence surprise à la fin du générique…

Note : 2,5/5

Ce film est à l’affiche depuis le 14 avril 2017.

Texte révisé par : Annie Simard

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