Le Corona en liesse pour Andra Day

Wonder Woman de la soul

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 ©Benoit Rousseau / MatTv.ca

Par Marie-Claude Lessard

De passage hier soir à Montréal pour la deuxième fois en l’espace de six mois, la chanteuse Andra Day a conquis de manière spectaculaire le public éclectique rassemblé au Théâtre Corona Virgin Mobile. Enfants, hipsters et baby-boomers avides de découvertes musicales ont abondamment témoigné leur amour à l’interprète  âgée de 31 ans lorsqu’elle est débarquée sur scène, tasse de café à l’effigie de Wonder Woman à la main, pour offrir Forever Mine, le plus récent single de son premier album, l’excellent Cheers To The Fall. Accompagnée de prodigieux musiciens passionnés, celle qui était vêtue d’un ensemble deux pièces aux couleurs feutrées a propulsé son auditoire dans un concert extérieur et nocturne en pleine Nouvelle-Orléans chaude et humide.

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La frénésie de la foule a accru quand l’interprète originaire de San Diego a enchaîné avec Gold, un puissant morceau de soul que les musiciens ont rehaussé davantage avec une finale endiablée. Celle qu’on compare fréquemment à Amy Winehouse en raison de son son musical, style et voix inimitable a ponctué le concert de judicieuses reprises qui ont bonifié le déjà riche héritage artistique qu’elle propose. Quelques minutes après la langoureuse Mississippi Goddam de Nina Simone, Andra Day a habilement attaqué  en se démaquillant No Make Up du rappeur Kendrick Lamar, proclamant ainsi un message fort et touchant sur le culte de l’image. Question de faire danser les spectateurs, elle a, en compagnie de Charles Jones, son pianiste à la voix d’or, présenté un medley original composé de Rock With YouP.Y.I (Pretty Young Thing) et Thiller qui honorait, vous l’aurez deviné, Michael Jackson.

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Évidemment, la protégée de Stevie Wonder a également brillamment fait la promotion de son premier opus avec Only Love, Mistakes, Rearview et Goodbye Goodnight, titre qu’elle a interprété en duo avec Charles Jones. Le choix de juxtaposer la finale de Honey Or Fire avec le début de Gin & Juice (Let Go My Hand) était intéressant, bien qu’il aurait été tout aussi agréable d’entendre les deux pièces intégralement.

Mentionnant plusieurs fois que les chansons présentées constituent une conversation entre elle et le public, Andra Day a démontré une incroyable générosité et un abandon hors du commun. En affichant une sincérité et une authenticité si palpables, la nominée aux Grammys donnait envie de se confier à elle comme on se dévoile à une grande amie. Parlant d’amitié, Day a louangé les talents de son collègue Charles Jones en lui laissant la scène le temps d’un  exceptionnel morceau.

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Lorsqu’est enfin venue l’heure d’incarner le succès Rise Up, Andra Day a livré un bouleversant témoignage sur les troubles anxieux. Elle a invité les spectateurs souffrant d’insécurité à ne pas abandonner et de plutôt se laisser aider. Andra a ému la foule, autant grâce à ses prouesses techniques saisissantes qu’au trémolo dans la voix qui exprimait son profond engagement. Pour clore cette magnifique cette soirée comme il se doit,  l’incroyable City Burns a enivré le Corona.

Bref, si l’on se fie à l’enthousiasme des gens présents, Andra Day est vouée à une carrière fort prometteuse et épanouissante. Espérons maintenant que les radios marcheront bientôt au pas…

Crédits photos: © Benoit Rousseau / MatTv.ca

Texte révisé par : Cloé Lavoie

 

 

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