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L’amour sur musique pop

Angela Konrad bascule du tragique au sublime

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© Le Pigeon

Par : Sébastien Bouthillier

Entouré de quatre danseurs et d’un chien, Éric Bernier soulève des questions philosophiques aux réponses contrefactuelles et improbables dans les airs de la musique pop aux paroles mielleuses, mais insipides. Une tragédie éloigne le bonheur quand on veut l’atteindre par narcissisme.

Le canin supplante l’humain, car grâce à son chien, l’homme trouve quelques parcelles de vérité pendant qu’il s’enfonce dans sa névrose labyrinthique. Angela Konrad délaisse la tragédie shakespearienne sans quitter les méandres de la psyché. Dans Last night I dreamt that somebody loved me, elle illustre le fonctionnement irrégulier de cette faculté propre à l’homme.

L’omniprésence du narcissisme, le culte de l’ego, dans la culture contemporaine dévie la recherche humaniste du bonheur. Pour le demander dans d’autres termes : le narcissisme de l’homme lui retire-t-il son humanité? Ou que reste-t-il d’humain à un homme narcissique? Une névrose qui noue viscéralement ses émotions.

La pop de Shirley Bassey et The Smiths, groupe brit-pop, aussi bien que les paroles de Morrissey confèrent une musicalité dénotant la futilité des états d’âme d’Éric Bernier, dont la recherche du bonheur se contrétise dans l’introuvable amour et l’achat d’un chien (le meilleur ami de l’homme, mais c’est le bout du spectacle que nous connaissons déjà).

Les mouvements des quatre danseurs témoignent du sublime des élucubrations qui émaillent le rapport autoréférentiel entre narcissisme et bonheur. Ils exaltent l’enlisement d’Éric dans la minutieuse attention qu’il se voue à lui-même.

Artiste en résidence à l’Usine C et professeure à l’UQAM, Angela Konrad présentait une adaptation de Macbeth punk-rock. La musique permet à la fondatrice de La Fabrik de souligner sa critique du monde actuel.

Last night I dreamt that somebody loved me, à l’Usine C jusqu’au 21 octobre.

Crédit photo : Le Pigeon

Texte révisé par : Annie Simard

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