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La vie attend, et plus, cet automne

La Chapelle a dévoilé sa programmation

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© Justine Latour

Par : Sébastien Bouthillier

Le théâtre intimiste de la rue Saint-Dominique ouvrira sa saison d’automne le samedi 9 septembre avec Hamlet-Machine, événement gratuit mis en scène par Jocelyn Pelletier. Créée en 1977 par l’Est-Allemand Heiner Müller, la pièce réinterprète l’écriture de Shakespeare et déconstruit le mythe de Hamlet.

Onze comédiens démontrent le broyage de l’humanité par l’idéologie du progrès. La mise en marché et la quantification de la valeur de l’existence sapent les libertés fondamentales de chacun que le pouvoir politique échoue à protéger. Le théâtre s’approche ici de la performance, les répliques distillent la rage, les envies et l’incompréhension.

Du 27 septembre au 7 octobre, La vie attend grâce aux chorégraphes David-Albert Toth et Emily Gualtieri et aux textes d’Étienne Lepage. Dans cette œuvre alliant le théâtre à la danse, cinq hommes, tour à tour adversaires et alliés, étalent les paradoxes de la masculinité, de la fierté aux pleurs, de l’espoir à la honte. L’amusement apparent des danseurs trompera le spectateur, car ils s’aiguilleront vers les tendances primitives que la socialisation contemporaine nous exhorte à éviter.

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© Julien Benhamou

Avec Nina, c’est autre chose, du 1er au 5 novembre, Florent Siaud met en scène un texte de Michel Vivaner, qui nous invite à Paris, durant la canicule de l’été 1976. Nina s’incruste dans le quotidien de deux frères quaternaires, mais elle a 24 ans et emploie chacun à considérer ses désirs… La chaleur collante imprègne un souvenir doux-amer qu’illustre ce théâtre dont la musicalité convient à cette « pièce de chambre » où la danse et la légèreté supplantent racisme et chômage.

Mythomania, où la pathologie du mensonge compulsif déborde l’enfance et s’incruste dans le comportement adulte. Surtout de l’adulte qui cherche l’amour sur les réseaux sociaux. Avec son équipe, l’auteur et metteur en scène Nicolas Berzi se questionne sur « les façons que nous cultivons à se mentir sur l’amour, dans les récits comme dans nos vies intimes, pour en extraire des mécanismes narratifs et artistiques à transposer sur scène. »

Du 16 au 25 novembre, Mythomania immerge le public dans la fabulation, la représentation factice de soi qu’Internet permet lors de rencontres et durant les relations amoureuses. La pathologie ne serait-elle pas au centre de l’amour 2.0?

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© Julien Benhamou

La Chapelle propose sept autres spectacles cet automne, c’est vers elle que convergent les friands des scènes les plus actuelles qui soient.

Texte révisé par : Johanne Mathieu

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