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La poésie enivrante de Catherine Major et ses invités

Une maison accueillante qu’on quitte à regret!

cath2©Frédérique Ménard-Aubin / Francofolies 2017

Par : Marie-Claude Lessard

Avant d’entrer dans l’obscurité de l’intime Cinquième Salle de la Place des Arts pour le spectacle de Catherine Major dans le cadre des Francofolies, les festivaliers savaient qu’ils assisteraient à une soirée enivrante au cours de laquelle la poésie des mots et de la musique serait honorée, mais jamais à ce point là! La maison du monde de l’artiste montréalaise a réservé d’exaltantes surprises qu’aucun spectateur présent n’oubliera de sitôt!

Sujet que Catherine Major chérit tout particulièrement, la maternité a été apprêtée à toutes les sauces tout au long de la soirée, et ce dès la première partie de la truculente Sarah Toussaint-Léveillé. L’interprète a débuté son tour de piste en racontant une savoureuse anecdote sur l’accouchement d’une amie qu’elle a filmé. En guise de gag, elle a prétendu enchaîner avec une chanson parlant d’écureuils alors qu’elle a plutôt offert la planante Ta tempête, issue de son deuxième album La mort est un jardin sauvage, paru en février 2016. Ceux et celles ne connaissant point l’univers de la fille de l’humoriste François Léveillé ont découvert d’emblée un monde triste et poignant, superbement appuyé par des arrangements à cordes sublimes. Que ce soit sur Pas à pas ou sur la touchante J’ai perdu un ami, la voix douce de Sarah Toussaint-Léveillé a charmé le public en un instant. La chanteuse connait parfaitement ses limites vocales, ce qui lui permet de transmettre les émotions recherchées avec une authenticité irrésistible.

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Ses interventions joliment décousues et amusantes ont brillamment contrasté avec les paroles mélancoliques de ses compositions. Durant sa performance, il était prévisible de penser que Catherine Major n’aurait pas pu choisir une meilleure première partie pour coller à son univers… Cette dernière nous l’a prouvé en tentant discrètement de se faufiler sur scène et de s’installer derrière son piano à queue pour se joindre à Sarah. Cette petite surprise a séduit, surtout parce que la voix de la chanteuse se mariait très bien à celle de l’autre. Il était également très drôle de voir Catherine s’éclipser en catimini alors que Sarah Toussaint-Léveillé souhaitait qu’elle prolonge sa présence! Cette dernière a terminé son segment avec Une laideronne sous la pluie… qu’elle a dédié à la blague à sa sœur… puis à sa cousine! La chanteuse sera en tournée tout l’été. Plus de détails ici.

Après l’obligé entracte pour procéder au changement d’instruments, Catherine Major a enfin livré l’intégral de son album La maison du monde, avec lequel elle parcourt le Québec depuis près de deux ans. Amorçant avec Chanson urgente, la chanteuse portait son look signature constitué d’un ensemble noir et d’une boucle d’oreille à plume blanche. Elle a tôt fait d’installer ses textures alternatives flirtant avec la pop. Complice avec ses musiciens, elle a alterné avec des chansons aux percussions accrocheuses dont Rien du tout et Black Jack, écrite par Richard Desjardins. D’ailleurs, elle a partagé une hilarante anecdote à propos du chanteur. Quelques instants après la livraison de la seule chanson de l’album Le désert des solitudes, soit Bouche-à-bouche, le moment phare de la soirée se mettait en branle…

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Eh oui, Diane Dufresne a fait une entrée surprise évidemment fort remarquée lorsque Catherine Major a interrompu la pièce La maison du monde pour offrir la fameuse Oxygène, qu’elle a reprise sur l’album hommage Intemporelles. La foule était en liesse. Ce n’est pas tous les jours qu’on a droit à une prestation intime de cette grande dame de la chanson. Tout aussi fan et éberluée que le public, Catherine Major a profité pleinement du moment. Avant de quitter sobrement, Diane a chanté La peur a la frousse, dont la musique est une composition de Catherine.

De retour avec ses propres textes, Catherine Major a témoigné sur son besoin, tout d’abord, d’écrire des créations pour apaiser ses douleurs. Ensuite, elle les donne avec plaisir à ceux qu’elle appelle affectueusement les « preneurs ». Elle semblait particulièrement touchée en interprétant Nos délicats, Luciole, Calista et Pupille.

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Pour terminer, elle a généreusement proposé trois rappels : Vivante, La voix humaine et Le piano ivre. Lors de cette dernière, qu’elle a chantée seule au piano, on aurait pu entendre une mouche voler. La fureur avec laquelle elle touchait les notes suscitait non seulement l’admiration, mais venait nous arracher les larmes.

Texte révisé par : Bianca Beato

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