Juste Pour Rire: Gauche V.S droite

Tout le monde dans le même bateau!

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 Crédits photo: ©Éric Myre

Par Bella Richard

La salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-arts accueilli le combat ultime de la Gauche V.S la Droite dans un Gala animé par Guillaume Wagner et Guy Nantel, ce dimanche 24 juillet dernier, dans le cadre du Festival Juste Pour Rire. Des invités aussi tordants les uns que les autres se confrontèrent sur scène dans leurs positions. Féminisme, racisme, homosexualité, politique et de nombreux autres sujets furent discutés (et parfois discutables!) lors de cette soirée! Mais au final, qui entendit raison: la gauche ou la droite?

Le spectacle débuta par une chaude introduction de nos animateurs, deux humoristes aux idéaux complètement opposés, mais avec un géant point commun: celui de ne pas avoir la langue dans sa poche! Guillaume Wagner s’affichant fièrement de la gauche, protestant contre la droite en exposant haut et fort ses raisons des plus cinglantes, affrontait Guy Nantel, présomptueux porte-paroles de la droite, et ce, sans soucis de la formule « politically correct »! Nul ne fut surpris que Guy ne sut que rétorquer de plus belles aux attaques de son adversaire avec des arguments béton!

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Crédits photo: ©Éric Myre

Le premier invité de cet avant-dernier Gala Juste Pour Rire 2016, fut Stéphane Fallu, qui vint nous présenter sa façon bien à lui de voir les choses. « Avant c’était, t’étais Péquistes ou t’étais du parti Libéral, tu voulais un pays ou tu venais d’un autre pays! », lança-t-il avant d’affirmer tout sourire qu’il était capable d’être de la gauche ET de la droite dans une même phrase: « […] On devrait aller porter des vêtements à des gens pauvres, comme ça y vont pouvoir bien s’habiller pis s’trouver une job! » Une belle prestation de la part de l’humoriste qui ne fit toutefois pas lever la foule.

Enchaîna ensuite le reconnu Adib Alkhalidey qui n’y alla pas dans la douceur pour faire passer son message! Hilarant, il s’expliqua sur les raisons qui le portaient à être de la gauche en s’affirmant catégoriquement féministe, mais en affichant aussi que c’était « parce que les gens de droite veulent qu'[il] retourne dans [son] pays! » Prétendant que les femmes sont beaucoup trop gentilles lorsque les hommes les abordent « comme dans un film porno », Adib se mit lui-même en vedette dans une fabulation de son cru, dans laquelle il incarne une femme, pour illustrer ce qu’il souhaiterait que ces dernières répondent dans ce genre de situations! Il fit rire la salle entière en exagérant: « J’aimerais ça que ça devienne de même à Montréal: partout où tu marches y’a des filles qui sont comme “mange ma chatte!”… “Si tu me regardes dans les yeux c’est pour manger ma chatte sinon tu regardes ailleurs!” » Une chaleureuse ovation suivit sa performance!

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Crédits photo: ©Éric Myre

Pour son tout premier Gala JPR et étant loin de le faire pour la seule fois de sa carrière (comme l’a « rassuré » dans sa grande finesse notre Guy Nantel national!), un public endiablé reçu Richardson Zéphyr, gagnant de l’émission En route vers mon premier Gala! Parlant des différences, des préjugés et des stéréotypes notoires subsistant entre les hétéros et les homosexuels, la nouvelle recrue de l’humour créa tout un émoi au sein des spectateurs: « Deux hommes qui font l’amour, c’est plein de virilité. Faire l’amour à une femme, c’est gai! », dit-il sous une cacophonie de rires! S’insurgeant contre la peur (encore bien actuelle) de l’homosexualité, Richardson misa sur une touche de prévention, agrémentée d’une panoplie de pointes d’humour pour bâtir son show: « Je me demande pourquoi jusqu’à ce jour, y’a du monde qui ont peur des gais […] je ne comprends pas parce qu’il me semble qui’a rien de plus cool que d’avoir un meilleur ami gai! » Chapeau, bienvenue et à l’année prochaine, Richardson!

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Crédits photo: ©Éric Myre

Une première également pour l’humoriste Didier Lambert qui vint quant à lui nous parler des « maudits Français » et des étiquettes du racisme en général! De nombreux spectateurs se sentirent visiblement interpellés si je m’en fie aux réactions allant de la surprise à l’hilarité. Avec un style rappelant notre grand Jean-Marc Parent, Didier nous fit aisément rire en grossissant, bien entendu, des anecdotes rocambolesques de son expérience en tant que barman. Avouant qu’il ne sait pas trop bien comment réagir face au manque de respect de certains individus lorsqu’il est pris de surprise, il raconta entre autres, la fois où un couple vint s’asseoir dans le bar où il travaille. Dans son histoire, l’homme fut méprisant à son égard et le traita de raciste parce qu’il ne pouvait pas lui servir de Margarita (ce n’était pas dans le menu du bar): « Ben voyons donc, non, j’suis juste conscient d’mon inventaire… J’crois pas que c’est un prérequis pour être raciste être conscient de son inventaire, en moins d’être marchands d’esclaves… » Merci pour ce bon moment de dérision et à la prochaine, Didier!

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 Crédits photo: ©Éric Myre

Le très aimé Laurent Paquin monta à son tour sur les planches pour affirmer fièrement qu’il était de la gauche, mais aussi afin de dénoncer les risques que comporte le fait d’avoir une opinion et de se positionner face aux enjeux d’une société. « Quand tu prends position d’un bord, t’as toujours tendance à voir les épais qui sont de l’autre bord, c’est normal: sont faciles à spoter, sont devant nous-autres! Pis là un moment donné, t’entends […] une ostie de phrase conne […] on dirait que ça vient d’mon bord […] Eh oui! SURPRISE! Y’a des épais de ton bord aussi! », lança-t-il à son public afin de vulgariser ce qui se passe lors d’un débat. « Des épais y’en a des deux bords, si tu vois pas les épais de ton bord, c’est parce que t’en fais partie! », enchaîna-t-il. L’humoriste illustra sa pensée par une cocasse comparaison: il avoua que bien qu’il prend pour les Canadiens de Montréal, 99 % des partisans de cette même équipe lui tapent sur les nerfs! Les spectateurs semblèrent partager la vision de l’humoriste qu’ils récompensèrent chaleureusement à coup de rires!

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 Crédits photo: ©Éric Myre

Un tonnerre d’applaudissements accueillit l’avant-dernier invité de la soirée… Le très controversé Jean-François Mercier gravit la scène, et conquit, lui aussi, son public par unanimité! Le personnage comique expliqua pourquoi il est contre la démocratie et le fait d’aller voter puis, de ce même fait, pourquoi, il est, selon lui, inutile d’aller voter. L’humoriste se moqua de la mentalité populaire: « Démocratie et libertés ça ne va pas ensemble, là… La preuve de ça, là, c’est que l’gouvernement Nazi, c’est un gouvernement élu, mais j’pense pas dire de conneries en disant que durant l’temps d’Hitler, y’a eu quelques libertés qui ont été brimées! » Digne du grand Mercier et loin de n’avoir qu’une seule comparaison dans son sac, ce dernier vulgarisa les notions de démocratie et de liberté en donnant l’exemple de quatre gars dans un char, 3 sur 4 veulent aller aux danseuses, tandis que l’autre veut aller au musée… Qui va l’emporter? Certainement pas le musée, on s’entend! Comme l’exprima l’humoriste, d’un côté comme de l’autre, la démocratie n’engendre pas de libertés.

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 Crédits photo: ©Éric Myre

Finalement, les gens reçurent le divertissant Julien Tremblay, qui, armé de sa guitare, épata la galerie avec ses gags désopilants exhibés sur le rythme de son instrument! Tous furent ravis d’acclamer la venue de l’humoriste, si talentueux d’ailleurs, que personne ne voulut passer après lui, comme l’expliqua Guillaume Wagner pour l’introduire sur scène! L’ironie de sa présentation me fit rire du début à la fin, car il dansa d’un petit pas feutré sur les mêmes notes et fit preuve de la même attitude tout au long de son show… Ce qui lui donna un air tout à faire « irré-risible » (oui, ça vaut la peine d’inventer un mot dans ces cas-là!).

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Crédits photo: ©Éric Myre

La conclusion du débat

Drôles et témoignant d’un humour cru et grinçant, nos animateurs nous en offrirent tout autant en nous présentant chacun un spectacle solo entre toutes les présentations de la soirée et furent reçus comme des rois dans le plus grand des délires. Guy faisant vaciller ses gags d’un côté et de l’autre de la corde sensible, puis, Guillaume qui croqua à pleine dents dans ses propos polémiques. Bien que l’objectif de faire passer une agréable soirée à leur auditoire fut accompli, n’en demeurait pas moins que le débat était toujours à vif! C’est donc afin de conclure en beauté cette représentation qui pouvait, dès le départ, sembler très controversée, qu’il fut au tour d’Antoine Vézina d’habiter la scène, habillé de son costume de juge de la Cour Suprême, afin de trancher qui de la gauche ou de la droite méritait de remporter la rude bataille. Voyant qu’il ne savait visiblement pas comment y arriver et qu’il était davantage concentré à débiter ses blagues non-offensantes et volontairement sans intérêt, rendant le tout dérisoire, Guy et Guillaume conclurent d’un commun accord qu’ils allaient rester comme ils sont: « On aime mieux confronter les nonos, que les conforter! », lancèrent-ils joyeusement!

J’ai trouvé qu’il manquait de femmes, dans ce spectacle: j’aurais été curieuse d’entendre le point de vue de quelques humoristes féminines! À méditer pour un prochain Gala?

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