Jesse Mac Cormack is Stevie Ray Vaughan

Pour le simple plaisir de jouer!

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©Valérie Gay-Bessette

Par : Marie-Claude Lessard

Dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal, le Montréalais Jesse Mac Cormack aime délaisser ses propres compositions afin de revisiter l’univers d’un artiste l’ayant grandement marqué. L’an dernier, il a pris les traits du célèbre musicien blues Muddy Waters. Cette année, à l’occasion de la série Création, il s’est mis dans la peau de Stevie Ray Vaughan, ce qui a donné lieu à un moment magique où seule la musique comptait.

Présenté dimanche soir dernier à la Cinquième Salle de la Place des Arts , Jesse Mac Cormack is Stevie Ray Vaughan ne peut aucunement être qualifié de spectacle hommage traditionnel, ce qui est tout à son honneur. L’auteur-compositeur-interprète, qui est entré sur scène en même temps que ses comparses musiciens, n’a pas expliqué les raisons l’ayant motivé à choisir Ray Vaughan autre qu’il le considère comme un héros de la musique. Le concert, d’une durée approximative de 90 minutes, n’a pas non plus cherché à retracer chronologiquement les pans significatifs de la vie de l’interprète à qui on doit le fulgurant succès Pride and Joy. Mac Cormack s’est fait plaisir en offrant une sélection de titres qui le fait vibrer lui d’abord et avant tout. Autant les fervents amateurs de Stevie Ray Vaughan que les moins familiers à son répertoire ont apprécié cette approche. D’ailleurs, le public a profité de l’intimité de la Cinquième Salle pour manifester sans gêne son enthousiasme avec des cris et des applaudissements généreux pendant et après les pièces. 

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©Valérie Gay-Bessette

Aucun décor n’était nécessaire, que des jeux d’éclairage sobres qui mettaient en avant-plan le talent prodigieux du quatuor. Chacun des artistes a eu son moment de gloire, bien que ce n’était point leur intention. Le band a débuté la soirée avec un titre instrumental que seuls les fins connaisseurs ont reconnu. Ce choix pouvait paraître audacieux pour certains, pas pour les principaux intéressés qui n’avaient que comme seule envie de s’amuser avec des chansons qui les font trembler de bonheur telles que Texas Flood et Cold Shot. Le public a eu l’immense chance de voir œuvrer quatre petits gars exerçant sans pression leur ultime et vitale passion. De longs solos ont parcouru toutes les pièces jouées. Les fans de Stevie Ray Vaughan ont peut-être trouvé dommage que peu de chansons aient été jouées au final, mais il n’en reste pas moins qu’on a véritablement eu droit à un laboratoire de création blues incomparable et non conventionnel.

Gabrielle Shonk, qui a récemment participé à l’hommage La musique de Stone aux Francos de Montréal, est venue interpréter deux titres mélancoliques s’inspirant de la température : Couldn’t stand the weather et (Call it) Stormy Monday. Drôle, simple et investie, l’auteure-compositrice-interprète a charmé avec le rauque unique de sa voix se mariant à merveille avec le blues.

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©Valérie Gay-Bessette

À l’aise avec le public, Jesse Mac Cormack s’est amusé avec lui, improvisant avec les réactions. Après la célèbre et excellente Superstition, chanson qu’il a dit, à la blague, être la plus renommée de Stevie (il s’agit d’une reprise du hit de Stevie Wonder, mais que les deux chanteurs ont souvent interprétée ensemble et séparés), il s’est ironiquement excusé auprès des spectateurs qui ont dû partir après cette séquence! Lors de la livraison de la dernière pièce, il a même changé son micro de côté afin que son regard se dirige vers les sièges vides! Un moment hilarant et authentique qui a prouvé que Jesse Mac Cormack, cet artiste polyvalent qui aime toucher à tous les styles musicaux, pratique ce métier devant des gens avec l’objectif principal de leur transmettre avec vigueur son infatigable passion pour les mélodies, chose qu’il a réussie avec brio dimanche soir dernier!

On a déjà hâte de découvrir quel artiste Mac Cormack sera en 2019!

Texte révisé par : Annie Simard

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