Retour sur Heavy MTL Jour 1

Alexis en feu et les cheveux de Joey Cape

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©Kristina Servant/MatTv.ca

Par Maxime D.-Pomerleau

Même île, mêmes scènes, ambiance complètement différente : après la déferlante d’Osheaga le week-end dernier, c’était au tour des métaleux de partout au Canada fouler le sol du Parc Jean-Drapeau pour le Heavy Montréal, festival où le métal, le loud rock, la poussière et le punk sont à l’honneur. Avec sa bière à 8$, ses sculptures de la Mort, ses sympathiques pouilleux, son ring de lutte et des pitounes dans le spa des VIP, Heavy MTL ne donne pas sa place comme événement célébrant la culture du métal sous toutes ses formes. Retour sur le coup d’envoi de l’édition 2015.

La journée commençait plutôt sur un ton léger avec le punk rock de The Flatliners, pour rapidement laisser place aux ambiances plus lourdes de Anonymus, Neurosis, Veil of Maya et autres Lofofora. C’est surtout aux after partys officiels du festival qu’on retrouve une concentration de musique punk, avec le 25e anniversaire de Fat Wreck Chords, qui amène NOFX, Lagwagon, Masked Intruders, les Flats avec d’autres invités au Métropolis vendredi et samedi. Entre deux Venom et Extreme, on a toutefois le temps d’attraper le punk rock de Strung Out et Alissa White-Glutz, la chanteuse Québécoise de Arch Enemy depuis 2014, qui surprend avec les sons gutturaux qui sortent de son petit corps. Un autre type de chant de gorge qui fait mentir tous ceux qui pensent que le métal n’est que pour les hommes. Le groupe, qui fait partie du Summer Slaugter Tour cet été, remporte un franc succès à l’international depuis plusieurs années et est toujours heureux de jouer au Québec.

C’est un Joey Cape méconnaissable qui est monté sur la scène Heavy à 18h avec Lagwagon. Aux côtés des chevelus et barbus qui faisaient légion au Parc Jean-Drapeau, il détonnait avec ses cheveux complètement rasés. Pourquoi a-t-il posé cet acte capillaire radical dans les dernières semaines, alors que nous l’avions vu avec ses cheveux au PouzzaFest? Nul ne le sait. Même si on aurait dit que les gars avaient pris un coup de vieux, ils ont livré la marchandise en balançant les Violins, Razor Burn, Alien 8 et Heartbreaking Music au public enthousiaste, mais troublé par la coupe de cheveux de Joey. Au nombre de hits que Lag a écrits, ils ont l’embarras du choix lors de festivals où le temps des concerts est restreint. Ils ont choisi de terminer avec May 16, un de leurs plus grands succès.

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Après Meshuggah et une pointe de pizza, on se colle à la barrière de la scène Heavy pour « The Only Band Ever » : Alexisonfire. Le groupe était définitivement attendu en ce premier jour du Heavy MTL. Plusieurs festivaliers n’étaient venus que pour voir la formation canadienne de punkcore mélodique se reformer pour une rare prestation. La dernière apparition d’AOF à Montréal remontait aux 22 et 23 décembre 2012 lors de leurs concerts d’adieu. Le groupe a commencé fort avec Accidents et Boiled Frogs, pour ensuite aller vers des pièces plus récentes telles Old Crows et The Northern. We Are the Sound, Drunks, Lovers, Sinners and Saints et .44 Caliber Love Letter ont aussi été hurlées, scandées et célébrées par le groupe autant que la foule hystérique. La puissante This Could Be Anywhere in the World et l’excellente Young Cardinals étaient aussi au nombre des succès interprétés par le groupe de Ste-Catharines. Control aurait dû figurer au palmarès de cette rencontre inespérée mais ce sera peut-être pour une prochaine fois…

Avec AOF, le groupe Korn était la seule tête d’affiche de cette première journée, Mastodon ayant dû annuler sa participation au festival pour une urgence familiale. Le groupe de Californie est dans sa tournée soulignant la sortie de son premier album en 1994, et allait l’interpréter au complet pour l’occasion. Mélangeant métal, rock, rap et la voix froide et précise de Jonathan Davis, Korn se concentre sur les blessures laissées par une enfance troublée. Si la sortie de KoЯn a contribué à forger le son du nu-metal américain, aux côtés d’hybrides comme Limp Bizkit et Faith No More, l’album contient peu de succès commerciaux comparativement à Follow The Leader ou Issues, parus quelques années plus tard. Ainsi, il a fallu attendre les 15 dernières minutes du spectacle pour entendre des pièces plus accrocheuses comme Daddy, Falling Away from Me, Here to Stay et Freak on a Leash. Got the Life manquait définitivement au tableau et aurait bien terminé cette première journée au Heavy MTL. Ils avaient aussi clos la deuxième journée du festival en 2010 avec une prestation beaucoup plus impressionnante devant une foule nettement plus nombreuse.

Malgré une programmation intéressante et des groupes variés, la première journée de l’édition 2015 de Heavy Montréal n’a attiré qu’une foule estimée à 10 000 personnes, ce qui est bien peu à comparer aux dernières années. Il y aurait lieu de se questionner sur la formule 3 jours qui dilue peut-être l’essence du festival au lieu d’offrir un concentré de loud rock durant 2 jours, ou de revoir la direction artistique si on veut éviter que le Rockfest ne bouffe entièrement les festivals offrant ce type de musique aux mélomanes. Voyons ce que les prochains jours auront à nous apporter.

Crédit photo: ©Kristina Servant/MatTv.ca

#HeavyMontreal2015

Écrit par

Geekette de la musique de champ gauche, passionnée de culture et de médias, animatrice radio, artiste en performance et petite voyageuse. Doyenne des collaboratrices de MatTv.ca!

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