green-day-rolling-stone-new-album-cover-story-2016-441a5a0c-2c04-4936-a6fb-9e438088c233

Green Day enflamme le Centre Bell (c’est le cas de le dire!)

Les vétérans du punk rock de retour à Montréal

9c164feff36f90d1ba0d5d47557a5e513f©LiveNation

Par : Maxime D.-Pomerleau

WOW! Voilà comment on pourrait décrire le spectacle de Green Day. Une impressionnante scénographie, des effets pyrotechniques, des cadeaux aux fans et un spectacle de 2 h 30, Green Day s’est montré plus que généreux lors de son passage au Centre Bell hier. Rockeurs, prenez des notes.

Le Centre Bell affichait complet pour le spectacle du groupe phare de la vague punk rock californienne et qui roule sa bosse depuis 30 ans. C’est une véritable leçon de performance que le groupe a donnée aux rockeurs qui s’assoient sur leur statut de stars internationales et se contentent, trop souvent, de commencer le spectacle en retard et de faire un maigre 1 h 15 pour des billets hors de prix.

Après avoir réchauffé la foule avec les classiques Bohemian Rhapsody et Blitzkrieg Bop, les légendes du punk rock ont commencé fort avec le brûlot Know your Enemy, suivi du premier extrait de l’album Revolution Radio, l’incisive Bang Bang, dont l’urgence me fait penser à The Offspring de l’époque Nitro. Avec Revolution Radio, le groupe rappelait la raison de son passage dans le « great country of Québec ». L’album, paru à l’automne 2016, révèle des influences nettes des groupes de la première vague punk, avec une présence marquée du saxophone, qui rappelle le côté ska de Rancid.

Billie Joe Armstrong a invité le public à rester uni dans l’adversité, martelant le mantra de défendre nos idéaux « No racism, no sexism, no homophobia and Donald Trump is a fucking asshole ». La politique Holiday, tirée de l’album emblématique American Idiot, a galvanisé la foule, pour surfer ensuite sur Letter Bomb. Un remède efficace contre le cynisme et la négativité ambiante auxquels nous sommes exposés au quotidien.

Il est seulement 21 h, et on a déjà droit à l’un des moments forts de la soirée. Jason White, guitariste de tournée, commence le riff de Boulevard of Broken Dreams, que la foule reconnaît instantanément. Le Centre Bell se transforme alors en immense chorale, chantant près de la moitié de la chanson avant que Billie Joe n’en reprenne les rênes. L’émotion était palpable dans la salle.

Le succès souvenir Longview a ravi le public, qui était autant composé de vieux fans que de jeunes ayant découvert le groupe sans doute avec 21st Century Breakdown. Un fan de Dookie est d’ailleurs monté sur scène pour chanter le dernier couplet de la chanson avant de quitter la scène en crowdsurf! Tout au long du spectacle, Green Day s’est montré généreux avec le public, en lançant des t-shirts ou en invitant certains à venir chanter avec eux. Ce fut le cas pour le jeune Nathan, qui doit avoir 11 ans, qui a joué de la guitare sur la reprise Knowledge de Operation Ivy, plus tard dans le spectacle, repartant même avec la guitare. De véritables « Rêves d’enfant » réalisés pour les fans!

De retour à Revolution Radio avec la pièce Young Blood, avant de replonger dans la nostalgie avec une pièce de 1991 : 2000 Light Years Away, de l’album Kerplunk! puis l’excellente Hitchin’ a Ride. Un autre moment fort fut la chanson When I Come Around, véritable hymne d’une génération marquée par l’album Dookie. L’enchaînement de Burnout, Waiting, Nuclear Family et Minority, un autre moment fort du concert, permettait de voir que malgré les années, les membres de Green Day ont évolué dans leur propos, assumant leur maturité sans toutefois altérer le son les caractérisant.

Les populaires Basket Case et She sont aussi au nombre des hits interprétés hier. Les musiciens s’en donnent aussi à cœur joie en pigeant dans leurs influences pour créer un medley d’une quinzaine de minutes, passant de Careless Whisper à I Can’t Get No (Satisfaction) et Hey Jude. Tout le spectacle était ponctué de solos de batterie de Tré Cool, de combat saxophone contre gazou entre Billie Joe Armstrong et Jason Freese, sans oublier les facéties de Mike Dirnt. Ils ont « terminé » le concert (avant 30 minutes de rappel) avec deux pièces de Revolution Radio, Still Breathing et Forever Now, lançant des « Montréal, je t’aime! » à profusion.

Le premier rappel faisait honneur à American Idiot avec la pièce titre, balancée en pleine face à la salle hystérique, puis Jesus of Suburbia, toute à l’image de l’opéra-punk sorti en 2004. Le second rappel présentait Billie Joe seul sur scène avec sa guitare, en formule acoustique. La très belle Ordinary World n’a cependant pas éclipsé l’immense succès de Good Riddance (Time of your Life), de l’album Nimrod. Pour cette dernière pièce, le Centre Bell scintillait de lumières de iPhone, rendant le tableau franchement émouvant.

Même si la formule n’a pas beaucoup changé depuis la tournée American Idiot (faire monter des gens sur la scène, offrir une guitare à un fan), on ne peut reprocher à Green Day de ne pas entretenir un lien privilégié avec les fans, qui lui sont fidèles depuis longtemps. Je l’avoue, ça me rend fière de la communauté punk. Et comme le dit si bien le leader du groupe : continuons d’écouter du rock et de nous rassembler, car la musique peut véritablement changer des vies.

Photos de couverture : ©Rolling Stones

Texte révisé par : Annie Simard

Écrit par

Geekette de la musique de champ gauche, passionnée de culture et de médias, animatrice radio, artiste en performance et petite voyageuse. Doyenne des collaboratrices de MatTv.ca!

Vous pourriez aussi aimer...