Entrevue: Ministre de la culture

Maka Kotto – Vers une stratégie numérique culturelle

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©APEM

Par Jean Baptiste Henry

J’ai croisé le ministre de la Culture et des Communications lors du lancement officiel de la plateforme Évangeline. C’est la première base de données officielle pour les paroles de chanson d’ici. L’Association des professionnels de l’édition musicale (APEM) se félicite de cette plateforme qui permettra de protéger ce patrimoine face aux nombreux sites illégaux. C’est en quelque sorte le respect à un droit d’auteur retrouvé.

 

Comment pensez-vous que cette plateforme s’intègre dans la stratégie culturelle numérique du gouvernement ?

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Sans aller trop dans les détails, je dirais que c’est un vecteur qui occupe une place de premier ordre  dans cette stratégie numérique.

 

En termes d’accès à la culture, pensez-vous que cela va apporter une offre supplémentaire ?

Le numérique a un avantage relatif au paradigme antérieur classique qui permet une diffusion massive afin que les gens puissent consommer rapidement en quantité et en qualité peu importe les goûts qui les habitent. Il a fallu inscrire notre signature numérique de façon tangible. Un grand travail a été fait antérieurement avec des initiatives privées dans ce domaine. L’État québécois et sa branche culturelle dans ce dessein continue de démocratiser les ressources pour permettre un accès à toutes les personnes de n’importe quel âge à la culture.

 

Pensez-vous que le Québec a un train en retard dans le numérique ?

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Oui, mais nous sommes très créatifs dans notre territoire et je pense que nous allons combler ce retard très rapidement.

 

La plateforme de rémunération Évangeline est-elle comparable au système des droits d’auteurs français ?

Oui en effet, ils vont surtout lutter contre les nombreux sites illégaux qui nuisent à la créativité de l’artiste sans aucune rémunération. Évangeline aura son succès et elle aura aussi un rôle de protection à jouer pour les auteurs. Si on regarde les chiffres, juste 9 % d’entre eux arrivent à vivre de leur musique et les autres sont dans la plus grande difficulté. Prendre un contenu sans autorisation, c’est du vol et ça condamne le créateur à galérer.

 

Croyez-vous que cette plateforme jouera un rôle pour marquer l’identité du Québec ?

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Je pense que c’est une des conséquences, mais cela n’est pas la mission première. Les artistes ou créateurs québécois qui vivent avec le support de la langue française, sont des militants conscients ou inconscients. Au regard de l’Amérique du Nord, le français est vu comme une anomalie. Dans la perception de l’histoire, nous aurions dû adopter la langue du conquérant, mais le Français a fait le pied de nez. Alors pour moi, parler ou chanter en français c’est un acte de résistance.

Avec Évangeline, le Québec se dote d’un système qui protégera ses créateurs. Elle ne sera pas exclusivement ouverte aux œuvres francophones, mais à toutes les langues et tous les styles de chansons, à l’image d’un Québec métissé et ouvert culturellement.

Crédit photo: ©APEM

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