Chronique littéraire : L’enfant mascara

Une oeuvre poétique troublante

Simon©Couverture du livre/Léméac

Par : Anny Lemire

En février 2008 au collège E.O. Green Junior High School, à Oxnard en Californie s’est déroulé un des crimes les plus importants liés à l’homophobie/transphobie, depuis le meurtre de Matthew Sheppard (en 1998). À cette date, Larry King, un adolescent de quinze ans est décédé à la suite de deux coups de feu tirés par Brandon McInerney, un camarade de classe de quatorze ans. King, qui avait fait son coming out, se faisait harceler à l’école parce qu’il était efféminé, il avait même commencé à porter des jupes et du mascara. Il faisait souvent des avances à McInerney qui le détestait, ils avaient souvent des altercations envenimés. Le matin du 12 février, après que Larry lui eut déclaré son amour, McInerney commet son crime dans une salle de cours du collège. L’enfant mascara, le tout nouveau roman de Simon Boulerice, pose un regard sur cet événement troublant à travers le point de vue (fictif) de Larry (Leticia) King.

Simon Boulerice est un auteur poétique et authentique. Chaque fois que l’on entame un de ses romans, il est très difficile de le reposer avant de l’avoir entièrement lu, réfléchi et savourer. L’enfant mascara ne fait pas exception à cette règle. Bien que le roman fasse partie de la collection jeunesse de Léméac, il traite d’un sujet difficile qui fera tout autant réfléchir les adultes. Retraçant les différentes étapes qui ont culminé avec cet affreux meurtre, Simon trouve les mots justes pour donner à ses personnages une dimension réaliste. Il creuse le quotidien des personnages et leur donne une voix qu’ils n’auraient pas autrement, en rendant le tout encore plus émotif. J’ai dû retenir mes larmes quelques fois, tellement le récit m’a percutée. Certains passages sont excessivement difficiles à lire, mais il faut absolument se rendre jusqu’au bout.

En attendant le jour où l’homophobie et la transphobie seront éradiquées, il y a ce roman qui, espérons-le, mettra un peu de lumière sur ce crime atroce. À mettre entre toutes les mains, ce roman est disponible depuis le 14 septembre dans les librairies. Vous pourrez également en profiter pour mettre le grappin sur Géolocaliser l’amour, un ouvrage du même auteur, qui est paru le 20 septembre.

 Texte révisé par : Annie Simard

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