Desjardins, oui, on l’aime!

Un bel hommage à ce grand auteur-compositeur-interprète

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©Maryse Phaneuf / MatTV.ca

par Mélissa Thibodeau

Dame Nature avait été très clémente avec nous dimanche. Toute la journée, elle avait été chaleureuse et cette générosité s’était étendue jusque dans la soirée. Ils étaient donc nombreux à s’être rassemblés sur la Place des Festivals pour voir Desjardins, on l’aime tu! présenté sur scène pour la première fois aux FrancoFolies de Montréal. Sans surprise, il y avait mer de monde cette soirée-là. Les spectacles-hommages ont bien la cote aux FrancoFolies. On se rappelle de À grands coups d’amour pour Gerry en 2015, le Gainsbourg Symphonique de l’an dernier. Ce type d’événement attire bien des curieux et dimanche soir ne faisait pas exception.

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Tout comme l’hommage endisqué qui l’a précédé en avril, Desjardins, ce spectacle a rendu un hommage respectueux et dans le ton à l’un des plus grand auteurs-compositeurs-interprètes du Québec. Déjà en partant, le casting était impeccable. C’est clair que ce n’est pas une chose aisée de reprendre l’œuvre de Richard Desjardins, avec sa poésie engagée et percutante. La barre était haute, mais a été bien relevée. Les artistes choisis pour prendre part à cet hommage, tout comme le célébré, font rarement de compromis lorsque cela vient à leur art. La mise en scène, signée Émilie Laforest, mettait le texte et la musique à l’avant-plan. Et parlant de musique, il faut souligner la solide performance des musiciens (sous la direction de Guido Del Fabbro).

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La glace a été brisée de façon des plus sympathiques par les jeunes Thomas Brassard (connu grâce à La voix junior) ainsi que Simone Marchand (la fille du guitariste Joseph Marchand et de la metteure en scène Émilie Laforest) qui ont interprété de façon bien touchante la pièce Nous aurons.

Stéphane Lafleur, d’Avec pas d’casque, prend ensuite la scène pour nous faire voyager Au pays des calottes. C’était tranquillement beau. Elkahna Talbi, alias Queen Ka, a livré de façon percutante Déboutonne ton blues. Elle commandait l’attention que le texte méritait. Elle reviendra d’ailleurs ponctuer le spectacle avec d’autres textes de Desjardins : T’attends et Avec l’amour de Jésus. Un bel ajout à la musique.

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De la force tranquille de Lafleur, on procède ensuite à un Boomtown Café swingé par Philippe Brach et Bernard Adamus. On se rappelle de l’époque Abbittibbi. Matiu, chanteur originaire de la communauté innue Mani-Utenam a offert Le bon gars, question d’apprendre à bien le connaître. Philippe B nous a interprété Y va toujours y avoir de façon très touchante, accompagné de longs solos de violon. Le duo Saratoga m’a faite sourire avec le tendre Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours. Keith Kouna était tout aussi prenant avec son interprétation mélancolique de Jenny.

On le voyait se préparer un peu l’avance, mais ce fut quand même une belle surprise lorsque Yann Perreau nous a lancé L’homme canon à partir de la passerelle qui accueillait les médias. Ne propulsant que sa voix, Perreau démontre encore une fois qu’il a la bête de scène bien vivante en lui. L’un de mes moments préférés de la soirée.

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Autre moment marquant, l’arrivée de Safia Nolin qui livre Vas t’en pas de façon si désarmante. Elle avait été accueillie avec des applaudissements généreux, mais elle a quitté la scène sous un torrent d’acclamations. Sa performance aura fait taire les plus malheureux des sceptiques.

Les Yankees, interprétée par Klô Pelgag et Philippe Brach sur l’album, était tout aussi enlevante sur scène agrémentée d’extraits aux porte-voix et des superbes chœurs de Safia Nolin, Emilie Laforest et des Sœurs Boulay.

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Après la reprise de Boum Boum de Stéphane Lafleur, ces dernières sont revenues sur scène afin d’interprétéer L’engeolière  suivie de… et j’ai couché dans mon char avec Keith KounaCelui-ci a fait chanter la foule qui connaissait bien sûr les paroles par cœur. Fred Fortin a livré l’immense Tu m’aimes tu, quoique j’ai préféré sa version de Le cœur est un oiseau.

Le public, qui se faisait discret, a commencé à se dégêner un peu plus au fur et à mesure que la soirée avançait. On l’a remarqué lors du Beau grand slow de Philippe B et surtout lors du Chant du bum chanté avec entrain par Emile Bilodeau. Bernard Adamus est revenu sur scène pour offrir Y’a rien qu’icitte qu’on est ben et Les mammifères. Yann Perreau y retournera également pour interpréter Dans ses yeux.  Le tout s’est terminé sur Chaude était la nuit entonnée par toute la gang qui vivait bien sûr un beau trip cette soirée-là.

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Faire un spectacle hommage n’est pas chose aisée. On peut vite tomber dans la facilité, ajouter des artifices là où ils ne sont pas nécessaires. Il est important de laisser son égo de côté pour mettre avant tout l’accent sur l’œuvre qui est interprétée. Ce ne fut pas un problème lors de ce spectacle. Le tout a été livré de façon respectable et sobre. Desjardins n’y était pas de la partie, mais je pense qu’il peut être fier de voir ses œuvres revisitées de façon si sensées par des artistes qu’il a clairement influencé de près ou de loin.

Les gens de Québec et de Rouyn-Noranda seront les prochains chanceux à vivre l’expérience Desjardins, on l’aime tu! alors que le spectacle sera présenté au Festival d’été de Québec en juillet prochain et au Festival de musique émergente, en septembre.

Les 29e FrancoFolies se poursuivent jusqu’au 18 juin.

Crédit photos: ©Maryse Phaneuf / MatTV.ca

Texte révisé par : Ho-Chi Tsui

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