Cinéma Québécois: Les êtres chers

Une première montréalaise attendue

©Les films Séville

Par Pascal Leblanc

C’est lundi dernier qu’avait lieu la première montréalaise du nouveau film d’Anne Émond, Les êtres chers. Chouchou des festivals, le long métrage était dévoilé en première mondiale cet été, au Festival de Locarno, en Suisse, puis présenté au non moins prestigieux Toronto International Film Festival (TIFF) en septembre dernier où il fut très bien reçu par la critique avec d’élogieuses mentions dans les magazines Variety et Hollywood Reporter. D’emblée, la réalisatrice tenait à prévenir le public avant la projection:  ledit film est chargé. Dès les premières images, le ton dramatique est donné et saisit le spectateur.

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Véritable saga familiale s’étalant sur plus de 25 ans, la trame narrative des êtres chers s’oriente autour des Leblanc, famille tissée serrée habitant un village reculé du bas-du-fleuve qui connaît son lot de bonheurs et de malheurs. Lorsque Guy, père de famille sans histoires, est retrouvé pendu, sans explications, personne ne comprend son geste. Mais tous décident de garder le secret et de camoufler la vérité à son fils David (Maxime Gaudette), jugé trop sensible. Des années plus tard, alors que David est désormais marié et père de deux enfants, il apprend brutalement la vérité par son frère aîné lors d’un réveillon de Noël. Comme par filiation, un mal être naît en lui et ne le quittera jamais.

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Au coeur du film: la relation père-fille que David entretient avec sa plus vieille, Laurence (Karelle Tremblay). Éventuellement, elle décidera de quitter sa région natale pour la métropole, échappatoire nécessaire pour espérer échapper à un cycle destructeur qui semble n’épargner aucune génération. La direction photo est impeccable: mentionnons les paysages à couper le souffle, en passant par le bas-du-fleuve jusqu’en Espagne. La jeune Karelle Tremblay campe avec beaucoup de finesse et de crédibilité le rôle d’une jeune fille qui doit composer avec le suicide de deux proches. Maxime Gaudette rend une interprétation juste et nuancée d’un père bon vivant et aimant, dépassé par ses démons intérieurs. Même si elle n’est présente que dans quelques scènes, Louise Turcot est magistrale en grand-mère effacée, ayant vécu prématurément le deuil de son mari et de son fils.

Une réflexion nécessaire sur le deuil, la famille, la maladie, le pardon, mais surtout ; la vie. En salle dès le 20 novembre.

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