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Chronique 100 % québécois

BRAS, GRIP et CÉSAR : consommer en étant informé! 

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© Photo officielle Beach Club

Par : Ariane Coutu-Perrault

Cette semaine, je vous parle de l’équipe derrière un kiosque que j’ai découvert au Rockfest la semaine dernière. Comme pour plusieurs festivals, ces regroupements donnent lieu à une ambiance festive, l’alcool et la drogue sont souvent consommés durant les événements. Au lieu de se cacher les yeux, les organisations des festivals assument l’effet party qu’a leur festival et sont conscientes de la possibilité que leur clientèle consomme de l’alcool et des drogues de toutes sortes. Pourquoi est-ce que je décide de vous parler de cette initiative? Parce que c’est vraiment une très belle organisation, créée par des gens attentionnés et passionnés, certainement. Mais aussi pour briser les préjugés qui peuvent entourer ce genre d’initiative, casser cette idée selon laquelle ce genre de kiosque incite les gens à consommer. Je vous parle donc d’un regroupement d’organismes à but non lucratif qui était réuni lors du Rockfest pour éduquer, conscientiser et responsabiliser les consommateurs. Il s’agit de BRAS Outaouais (Bureau régional d’action SIDA), GRIP Montréal (groupe de recherche et d’intervention psychosocial) et Prévention CÉSAR Petite-Nation.

Au départ, il y avait seulement la présence de Bras Outaouais qui était au Rockfest, il procédait de manière Pack sac avec une approche out reach, c’est-à-dire qu’ils avaient un kiosque dans le village, mais se promenaient sur les lieux pour donner des condoms, mais aussi des kits de consommation afin de consommer de façon responsable en évitant les risques de contamination et de surdose. Après quelques années, lorsque le festival a pris de l’ampleur, BRAS a repensé la formule pour avoir un kiosque avec plusieurs intervenant(e)s et travailleur(se)s de rue bénévoles provenant des deux autres organismes. Dans le kiosque, un menu offre différents objets de consommation stériles selon la drogue utilisée, des tests strips pour détecter la présence de fentanyl, de la nalaxone qui sert d’antidote pour les surdoses d’opiacé, des condoms et bien sûr beaucoup d’informations concernant les ITSS et les drogues. Cette année, l’organisation du Rockfest offre un endroit à même le site, en plus du kiosque à la mairie. De cette façon, les consommateurs peuvent facilement se rendre au kiosque afin de consommer de façon responsable, et ce, sans aucun jugement ni morale. Je le répète, ce genre d’initiative cherche à informer et à conscientiser dans un climat neutre et agréable, mais aussi de confiance. L’intention étant également de servir de recours aux gens qui seraient en surdose ou en badtrip, que les gens se sentent à l’aise de demander de l’aide. Ils ont d’ailleurs placarder le village d’information concernant le fentanyl.

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C’est là que GRIP Montréal intervient. Cet organisme se spécialise en fait dans l’événementiel et couvre d’autres festivals tels qu’Osheaga, le Piknic Electronik, Eclipse et Portail. GRIP apporte des informations sur les drogues, mais vient aussi aider les paramédicaux en tentant de s’occuper des gens qui ne se sentiraient pas bien après une prise de drogue. Il apporte du support moral et psychologique en ayant une aire de repos, un endroit sécuritaire et à l’abri des regards, avec des lumières tamisées pour apporter le calme. D’autre part, il sert également de repère pour les gens qui seraient victimes d’harcèlement psychologique ou sexuel ou toutes autres détresses psychologiques. Puisque l’organisme GRIP compte plusieurs professionnel(le)s au sein de ses reines, ils sont outillés pour répondre à toutes sortes de situations qu’on ne peut gérer seul.

Puisqu’on brise les stéréotypes, aussi bien en briser un autre, une question que je me suis moi-même posée. Est-ce qu’il y a plus de risque de surdose au Rockfest? La réponse est non. Le risque est toujours présent, dans tous les festivals et même hors festivals, de là l’importance, encore une fois, d’informer les gens. Chaque festival a ses particularités. Ce qui est différent avec le Rockfest, c’est la formule où les festivalier(e)s campent sur place, la durée étant plus longue, la malnutrition et la déshydratation entrent en jeu.

Bref, l’importance de ce genre de kiosque est extrêmement pertinente! Si vous allez dans un festival, essayez de repérer la présence de ces organismes, ou si vous êtes dans le besoin, n’hésitez pas à entrer en contact avec eux.

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Texte révisé par : Annie Simard

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