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#CarteDeMode: Valérie Roberts

The « fashion game »

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©Andrée-Anne Joly/MatTv.ca

Par Pascal LeBlanc

Lorsque Valérie Roberts apparaît dans l’entrée du fancy petit café, rue Saint-Denis, où nous nous sommes donnés rendez-vous, elle brille de mille feux par son style impeccable, léché mais edgy, et par son énergie contagieuse qui illumine la pièce. Elle porte une jolie blouse rose molletonnée et a osé le pantalon pattes d’éléphants (avec succès, ce qui en soi est un exploit) qu’elle a ressorti de son garde-robe dernièrement, tendance oblige. Elle en a fait du chemin, l’animatrice, depuis VJ recherché, populaire émission de télé-réalité diffusé à Musique Plus jadis, qui a propulsé sa carrière dans le monde des médias. Désormais chroniqueuse culturelle à CKOI, panéliste pour Code F (nouvelle émission très lol sur les ondes de Vrak2 ) et blogueuse pour EnVedette.ca, Valérie ne chôme pas et vit à toute vitesse!

J’ai l’impression qu’en ce moment, tu expérimentes beaucoup, tu joues avec les styles et les tendances. As-tu toujours eu ce rapport-là avec la mode?

La mode, pour moi, c’est vraiment un jeu. Il n’y a pas d’autre moyen de voir ça. C’est pour ça que je peux me permettre d’être éclatée, audacieuse. Ça se peut que j’essaye quelque chose et que ça ne marche pas, et que le lendemain, ça fonctionne. Il faut juste se donner du temps dans la vie. À Vj recherché, j’avais 19 ans. À cet âge, t’es moins fixe, tu connais moins ta personnalité, tes ressources financières sont limitées. En même temps, tu peux t’en sortir avec n’importe quel porte-feuille. Par exemple, j’ai acheté un manteau en poils roses qui m’a coûté 28 $ chez Ardene et tout le monde m’en parle, la réaction des gens est très positive. C’est pas obligé de toujours coûter cher la mode, j’ai souvent magasiné dans les friperies et au village des valeurs, et ça marchait super bien. Quand t’es capable de porter des vêtements de chez Ardene et de porter ça avec un sac Givenchy, on dirait que le mélange de tout ça devient quelque chose d’intéressant pour moi ; travailler un peu plus fort pour obtenir un résultat unique. Pas aller chez H&M et acheter le mannequin dans son intégralité. Y aller avec mes goûts et mon corps. Moi je mesure 5 pied deux. Ça fait trois ou quatre ans que j’essaye de porter de longues bottes qui arrivent aux genoux, sans succès. On dirait que j’ai même plus de corps (rires). Je trouve ça beau sur les filles qui en portent, et j’aimerais ça en porter, mais je suis pas capable.

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Lors d’apparition publique, à la télé ou sur le tapis-rouge, es-tu une control freak?

Je suis folle. Je contrôle tout. Parfois mon look est réussi, parfois moins. Choisir les vêtements que je vais porter, c’est vraiment important pour moi. Encore à ce jour, je n’ai pas de styliste. Je suis pas capable. J’en ai eu une pour l’émission Par ici l’été, et elle était super bonne. C’est le fun avoir une styliste, mais la mode c’est tellement instinctif qu’elle peut pas anticiper mes goûts du moment, elle peut pas deviner.

Il y a t-il une personnalité publique à laquelle tu te réfères, qui t’inspire en matière de style?

J’ai toujours capoté sur Sienna Miller. C’est elle à l’époque qui avait créé le look Boho. Elle est audacieuse au niveau de ses looks. Même au niveau de ses cheveux et de sa mise en beauté, c’est toujours… lumineux! Ses vêtements sont audacieux, mais passent toujours bien. Elle me fait absolument capoter.

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Quelles sont tes boutiques coup de coeur?

Je magasine énormément en ligne, chez Asos et Nasty Gal. Je trouve qu’à montréal, ça revient un peu du pareil au même. C’est pas long que quatre filles se retrouvent à porter la même chose dans un bar. J’adore H&M, on a collaboré vraiment souvent ensemble, mais si je trouve un t-shirt cool en magasin, je sais que quelqu’un d’autre va l’avoir. Sur internet, je risque d’avoir l’exclusivité sur ce morceau la. À Montréal, j’aime la boutique 1861 qui commande de très petites quantités. Je sais que si j’essaye une robe, il y en a seulement une de chaque grandeur, après elle n’existe plus. Sinon j’aime m’amuser à aller chez Ardene.

Consommes-tu beaucoup de blogues, de magazines sur la mode?

Je consomme énormément de magazines de mode. C’est fou, c’est un problème. J’aime surtout consulter les sections streetstyle des blogues de mode. Les magazines imprimés c’est le fun, mais en regardant les éditoriaux, tu réalises que personne peut porter ça…Comme dans n’importe quoi, je vais chercher chercher des inspirations un peu partout et après je l’applique dans ma réalité et avec ce que je possède. Au Québec, je trouve que les filles de Ton petit look sont incroyables. J’arrête plus de lire leurs livres, ces temps-ci, elles sont trop drôles. Elles apportent une vision de la mode qui est plus démocratisée. Ce que je trouve dommage parfois quand je parle de mode, c’est que les gens ont l’impression que c’est limité, qu’ils n’y arriveront jamais. Mais au fond, tout le monde peut faire ça. Les gens me disent souvent : « il y a seulement toi qui peut porter ça », mais c’est pas vrai… C’est juste que moi je l’assume à 100 pour cent. J’aime aussi aller marcher sur St-Hubert, c’est trash, mais je sais que personne ne va l’avoir parce que personne ne magasine à la Plaza St-Hubert!

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Quelle tendance actuelle méprises-tu profondément ?

Les creepers, j’ai jamais compris ça. Je trouve ça dégueulasse. J’haïs ça. Mais tsé, faut pas le dire trop vite. Il y a des affaires que je trouvais dégueulasse et que finalement j’ai portées et que j’ai adorées. Cet automne, on voyait beaucoup de suède et de frange. Pis j’étais pas capable. Je trouve ça laid. Je considère mon style plus moderne.  J’aime bien les jeans pattes d’éléphants, c’est sympathique. Il y a des affaires que j’aime aller chercher dans ces années-là, mais le suède, pas d’accord avec ça.

Quel conseil donnerais-tu à une personne qui souhaite oser davantage côté look?

Y aller graduellement. Quand tu portes quelque chose, tu dois l’assumer. Sinon, c’est juste weird. Ça dégage un mal-être. À la limite, c’est même pas ta tenue qu’on va regarder, ça va être toi. Fais juste l’assumer à 100 %, pis si ça marche pas c’est pas grave, demain ça va être mieux. On s’en fou, c’est juste drôle.

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 Valérie sur ses détracteurs

Au Québec, je pense que les gens qu’on voit à la télé sont assez conventionnels. Alors c’est sûr que quand quelqu’un comme moi arrive à la barre d’un show à Radio-Canada, change de couleur de cheveux à tous les deux semaines, passe de gris à rose, court à long, est tatouée à la grandeur et n’a pas peur de porter des affaires qui n’ont aucun sens, je suis consciente du fait que ça peut remuer les gens. Certains adorent ça, mais j’ai reçu des messages cet été qui disait: « Enlevez-la des ondes, elle est pas crédible, elle est toute tatouée, ça entache Radio-Canada. » Si tu es fermé dans la vie, en général,  tu vas être fermé à la mode. Je pense que de plus en plus on va réussir à détruire les conventions qui ont été établies par les gens qui étaient là avant nous. Je pense qu’on est rendu ailleurs, juste par rapport à notre ouverture d’esprit par rapport à la vie, à la société. C’est pas comme si j’arrivais sur les tapis rouges en criant «Fuck you tout le monde, je suis raciste!». Les commentaires des gens me font rire des fois, c’est comme si je venais de briser leur monde. Ils capotent. C’est juste de la guenille.

Ton morceau/accessoire fétiche?

C’est un foulard Alexander McQueen, mais gros comme une couverture. C’est mon designer favori. Quand je l’ai acheté, je capotais. Je me disais que j’allais pouvoir l’emmener au cinéma, me faire une doudoune, voyager avec… J’ai tout fait ça. Je capotais tellement quand je l’ai acheté que j’ai eu un accident de voiture. Je sors du magasin, je mets le foulard dans mon char, la seule affaire à quoi je pense, c’est que j’ai hâte de le mettre, je vais mettre tel morceau avec. J’étais tellement dans mes idées que j’ai passé sur une lumière rouge et que j’ai rentré dans quelqu’un.

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On précise que le fameux accident n’a fait aucun blessé, aucun mort et que tout est arrangé et bin correct avec l’autre conducteur!

Crédit photos : Andrée-Anne Joly/MatTv.ca