Cage the elephant captive le Centre Bell

Une soirée indie rock revigorante

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 ©Simon Paradis/MatTv.ca

Par : Marie-Claude Lessard

Les amateurs d’indie rock ont été servis hier soir au Centre Bell avec la venue du groupe américain Cage the elephant. Bien que discrets lors de la première heure de la soirée, les spectateurs ont néanmoins trouvé satisfaction auprès des indémodables succès de la formation principale et de leur nouveau matériel tiré de Tell me I’m pretty, paru à l’hiver 2015.

Assurée par le groupe Broncho fondé en 2010, la première partie n’est pas parvenue à réchauffer la foule. Peu bruyante, celle-ci n’a pas été touchée par le spectacle de 30 minutes préparé par le band  qui sortira le 10 juin prochain leur  quatrième album, Double Vanity. Il faut dire que les sonorités des compositions se ressemblaient et que la diction de Ryan Lindsey n’était pas des plus limpides.

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Heureusement, quelques instants plus tard, Portugal. The Man a redonné à l’audience le goût de sourire, de crier et de taper du pied. Originaire de Wasilla en Alaska, le band a offert les titres contenus dans Evil Friends et In the Mountain in the Cloud. Inévitable victime des comparaisons avec Cage the elephant, le groupe est toutefois parvenu à insuffler leurs couleurs propres, notamment avec l’énergique Hip Hop Kids en guise d’ouverture. Sur la pièce qui a suivi, Atomic Man, les gens frappaient dans leurs mains frénétiquement. C’était bien normal, car il s’agissait du clou de cette performance. Aux guitares, Zachary Scott Carothers et Noah Gersh ont offert un divertissant spectacle, ne faisant qu’un avec leur instrument. Des solos enivrants ont fréquemment ponctués le concert, agrémentés de la touche magique de Kyle O’Quin au synthétiseur.

Sans avoir recours à des discours introduisant longuement les chansons, John Gourley a laissé sa voix planante envoûter la salle qui lui rendait très souvent son amour en scandant haut et fort les paroles, spécialement sur Modern Jesus. Les brèves apparitions d’un animateur de foule ordonnant aux spectateurs de s’agiter ne servaient strictement à rien puisque ces derniers ne manquaient aucunement d’énergie et d’intérêt. Portugal.The Man a conclut en beauté leur numéro avec leur plus grand hit à ce jour : Purple, Yellow, Red & Blue.

Après une courte pause, vint ensuite la pièce de résistance de la soirée. Cage the elephant a propulsé l’excitation de la foule à son paroxysme en entonnant Cry Baby, pièce extraite de Tell me I’m pretty, album brillamment imprégné dans l’esprit des fans même s’il date d’à peine une année. Comme si cela était possible, les bras dans les airs se sont multipliés lorsque la populaire In one ear s’est fait entendre.

Survolté et sautillant partout sur la scène, le chanteur Matt Shultz a prouvé qu’il possède une présence magnétique sur scène. Par contre, cette manifestation de charisme et de complicité avec son frère Brad a provoqué une étonnante absence de puissance vocale. La musique enterrait la voix de Shultz et empêchait la compréhension d’un bon nombre de couplets. Ceci dit, l’auditoire ne s’est pas trop plaint, pleinement occupé à chanter à tue-tête et à s’extasier devant l’énergie inépuisable des artistes.

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Le groupe, autrefois baptisé Perfect Confusion, a cependant très bien amalgamé les différents morceaux qu’ils proposent depuis 2008, chaque disque recevant une belle part du gâteau. La foule a particulièrement apprécié Take it or leave it, chanson incluse dans Melophobia. La joie était à son comble lorsque la formation a enchainé avec Aberdeen. Interagissant régulièrement avec la foule, Matt Shultz s’est montré à la fois généreux et reconnaissant face à ses fans, n’oubliant aucune chanson adorée, y compris le nouveau single qui joue en boucle à la radio et à la télévision, Mess Around.

Bien des cellulaires ont affiché leur lueur pour faire contraste à l’éclairage sombre mis de l’avant sur Too late to say goodbye. D’ailleurs, les jeux de lumière appuyaient judicieusement les titres ainsi que l’ambiance déchaînée submergeant le Centre Bell. Les inconditionnels de Cage the elephant ont témoigné leur intarissable amour en chantant à l’unisson tout au long du spectacle, tout spécialement sur Ain’t no rest for the wicked, premier succès du groupe.

Après la dynamique Punchin’Bag et l’émouvante Telescope, la soirée s’est terminée avec une enfilade des pièces phares du band, soit l’exaltante Back against the wall, la chargée Come a little closer, la mélancolique Cigarette Daydream (dont il a fait chanté le premier couplet en entier à la foule et quelques refrains, ce qui a donné lieu à un moment magique) et la fascinante Shake me down. Les fans de la première heure ainsi que les nouveaux initiés sont sans aucun doute rentrés à la maison ravis, les quelques problèmes de son et la voix parfois chancelante de Matt Shultz n’ayant pas fait trop ombrage aux paroles saisissantes et à la présence énigmatique d’un interprète et de musiciens encensés.

Crédit photo:©Simon Paradis/MatTv.ca

Texte révisé par : Cloé Lavoie

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