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Bobby McFerrin – « Circlesongs » au Festival de Jazz

Un projet audacieux… qui finit par tourner en rond

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© Benoit Rousseau / Photos officielles

Je ne pensais pas dire ça un jour, mais il faut bien se rendre à l’évidence : je suis allé au concert de Bobby McFerrin, samedi dernier à la Maison Symphonique, et c’était bien. Oui, juste bien. Le projet « Circlesongs », initié en 1997, a pourtant tout pour plaire avec sa formule a capella et ses chansons improvisées de A à Z, mais c’est sans compter le manque de créativité dans la structure des morceaux, contrainte par l’effectif du groupe, et la redondance inévitable de certaines idées musicales qui font que le concert — pardonnez le jeu de mots — finit par tourner en rond.

À ma décharge, il faut avouer que mes attentes étaient particulièrement élevées. Bobby McFerrin… j’avais été marqué par son passage au Festival Jazz à Vienne en 2014 et, depuis le temps que j’écoutais la version live de Drive en boucle sur YouTube, j’étais impatient de le voir à Montréal. Peut-être attendais-je davantage de virtuosité?

Le concert avait lieu à la Maison Symphonique. En entrant dans la salle, on s’attendait donc à découvrir… un orchestre symphonique. Au lieu de ça, 18 chaises : 14 en arrière, prêtes à recevoir les membres du Jireh Gospel Choir, et 4 en avant, qui n’attendaient plus que Sylvie Dufour, David Worm, Joey Blake et Bobby McFerrin lui-même. Puis les artistes ont été appelés sur scène, et le concert a commencé à peu près à l’heure, introduit par le solo d’un Bobby McFerrin à peu près juste. Peut-être avait-il besoin de quelques minutes pour se réchauffer la voix?

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Les morceaux d’après, à quelques exceptions près, ont été construits en temps réel en suivant le même modèle : Bobby initiait un schéma mélodique et le faisait répéter au choeur, en boucle, ce qui lui laissait la liberté d’improviser en solo pour agrémenter le tout. La plupart du temps, il était rejoint par Worm et Blake qui chantaient en contrepoint, se permettant d’ajouter une ligne de basse par ci et une boîte à rythme par là.

L’improvisation collective est un exercice très difficile par nature. Il faut ajouter à cela le fait que le Jireh Gospel Choir et Bobby McFerrin s’étaient rencontrés le jour même. Inévitablement, Bobby s’est retrouvé à jouer davantage le rôle du chef d’orchestre que du soliste. Et ça s’est ressenti. Heureusement que son humour était là pour compenser le reste, sans quoi la salle aurait décroché dès les premières longueurs du concert, lequel s’est étiré sur près de deux heures.

Crédit photo : © Benoit Rousseau

Texte révisé par : Annie Simard

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