La renaissance de Ben-Hur

La rivalité fraternelle poussée à l’extrême

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Par:  Anny Lemire

Depuis le début de l’année, les remakes ne cessent de pleuvoir sur Hollywood; on n’a qu’à penser aux retours de Ghostbuster, de Point Break et de Magnificient seven qui sortira en septembre. 2016 sert également d’année de renaissance pour l’oeuvre de fiction Ben-Hur. Cette production cinématographique, signée Timur Bekmambetov, marque la sixième adaptation du roman de Lewis Wallace paru en 1880. Parmi celles-ci, la plus notable est sans doute le film de 1959 mettant en vedette Charlton Heston, Stephen Boyd et Haya Harareet. Réalisée par William Wyler, cette version a, en effet, raflé onze petites statuettes d’or à la 32e cérémonie des Oscars en 1960. L’oeuvre de Bekmambetov ne sera probablement pas si bien accueillie à l’Académie, mais il reste tout de même un péplum des plus divertissant et captivant.

Alors que la ville se fait lentement envahir par les Romains, Judah Ben-Hur (Jack Huston), un riche prince de Jérusalem, est accusé de trahison par son frère adoptif Messala Severus (Toby Kebbell), devenu officier de la légion romaine, et sera condamné comme esclave à bord d’une flotte de guerre. Après plusieurs années, lors d’une attaque sur la Méditerranée, il réussit à s’enfuir du bateau où il est tenu prisonnier et erre en mer plusieurs jours. Affaibli, il échoue sur une plage où il fait la rencontre de Ilderim (Morgan Freeman). Après avoir obtenu les bonnes grâces de ce dernier en guérissant son cheval malade, ils se rendent à Jérusalem où Judah a l’intention de se venger de son frère en l’affrontant dans une course de char.

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Bien que le film dure plus de deux heures, aucune longueur n’est à noter. En effet, chaque scène a sa raison d’être et captive l’auditeur le plongeant facilement dans un récit palpitant qui nous tient en haleine. Tout est clair, sans ambiguïté, on ne passe pas notre temps à se creuser les méninges pour aller chercher des informations supplémentaires. D’un point de vue historique, le film respecte bien les écrits et les présente d’une manière rafraîchissante pour le public d’aujourd’hui. 

Toutefois, quelques lacunes sont à reprocher au créateur. Certes, le film doit être considéré comme un élément à part de la version de 1959, les deux ne pouvant en aucun cas rivaliser, mais avec les technologies avancées que nous avons aujourd’hui dans le domaine, il est inacceptable que certaines scènes soient si négligées. Je pense entre autres à la course de char, une partie iconique du récit qui est assez mollement exécutée. Cette scène semble partir dans tous les sens, et tous les aspects de celle-ci sont bâclés allant des effets visuels au scénario cliché jusqu’à l’exécution de la course en tant que telle. 

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Certains éléments de l’histoire sont également abordés de manière minimaliste, présents pour plaire, mais non exploités. Je pense notamment au personnage de Jésus de Nazareth (Rodrigo Santoro) qui est présent à quelques moments clés seulement, mais qui n’ont pas de véritable impact sur le récit . Il scande des messages d’amour et de paix, et meurt crucifié, un passage qui aurait mérité une plus grande attention, puisque c’est un moment qui a un grand impact émotionnel sur Judah. Évidemment, le but du film de Ben-Hur n’est pas de faire un exposé sur ce personnage religieux, mais il aurait pu être un peu mieux exécuté. Ensuite, le personnage de Messala Severus manque de cohérence, et ses émotions semblent fluctuer au gré du vent. Il est gentil, il est méchant, il en veut à Judah, il aime Judah, il veut le tuer, il l’aime à nouveau. Il est certain que toutes les actions de Severus sont motivées par l’armée romaine, l’image qu’il doit projeter, les ordres de ses supérieurs, mais à certains moments, cela peut devenir assez lourd.

Finalement, préparez vos yeux, car le film va sortir dans les salles de cinéma muni de la technologie 3D. Une décision qui ne servira qu’à engendrer plus de revenus, car ce procédé est carrément inutile dans le cadre de ce long-métrage, de plus son application a quelques failles. L’image apparaît flou à plusieurs reprises, même muni des fameuses lunettes de plastique, cela est surtout très apparent durant les scènes plus lumineuses ou quand une fenêtre apparaît. Bien que ça peut paraître anodin pour certains, ce petit bémol fatigue l’œil et finit par déranger.

Malgré ces quelques détails, le Ben-Hur de Timur Bekmambetov (classé 13 ans  et plus) s’avère un très bon divertissement bourré de moments exaltants. C’est également une très bonne manière d’intéresser les adolescents de la présente génération à certains aspects de  l’histoire romaine au premier siècle. 

Note: 3/5

Texte révisé par : Annie Simard

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