Arcade Fire au Parc Jean-Drapeau

Le meilleur show de l’année!

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©axedumad.com

Par Maxime D.-Pomerleau

Si vous avez pris le métro le 30 août vous avez sans doute remarqué une faune particulière qui vous accompagnait dans les wagons. Masques de carnaval, robes à paillettes, chapeaux hauts de forme ou costumes de danseuse brésilienne, tout ce beau monde s’était mis sur son 36 pour assister à la grand messe du samedi soir : le spectacle d’Arcade Fire au Parc Jean-Drapeau. Les enfants chéris de la scène indépendante montréalaise revenaient à la maison clore leur tournée mondiale Reflektor. Le groupe a livré une performance électrisante et sans aucun doute le meilleur concert de l’année.

D’abord un petit mot sur les premières parties. Après avoir été accueillis par des mariachis dans la file d’attente, le public a eu droit à trois formations éclectiques pour patienter avant de voir la tête d’affiche de la soirée. Les rythmes antillais du groupe Fraka, l’indie rock du groupe canadien Spoon et l’électro étonnamment rock de Dan Deacon nous ont tous montré une facette de la musique d’Arcade Fire, dont les albums sont campés dans des décors bien distinctifs.

C’est l’Homme Reflektor, debout et lumineux sur une petite plateforme sur le parterre, qui a introduit Arcade Fire, qui a fait une entrée triomphante sur la pièce titre du dernier album. À peine deux minutes de spectacle et les confettis et serpentins tombaient sur la foule, signe que le vrai party venait de commencer.  La chanson de sept minutes a tôt fait de réchauffer l’audience pour enchainer tout de suite après avec la puissante Neighborhood #3 (Power Out)Rebellion (Lies) pour revenir à Reflektor et Joan of Arc. Après cette introduction très rock Arcade Fire a ralenti le tempo pour Empty Room et nous plonger dans la nostalgie avecThe Suburbs. On ne peut passer sous silence la vivifiante Ready to Start et ce n’était pas le temps de perdre la voix car plusieurs autres succès restaient à venir! On a pu constater que Neighborhood #1 (Tunnels) et We Exist se rejoignent musicalement, bien qu’elles se trouvent respectivement sur le premier et le quatrième album de la formation.

On a eu droit à une agréable incursion dans Neon Bible, album orchestral mais méconnu d’Arcade Fire. My Body Is a CageKeep the Car Running et Nos Cars Go s’intégraient parfaitement aux autres pièces plus accessibles du groupe. Haïti et Afterlife ont ramené le groove dans la foule avant d’éclater avec la chanson de finale par excellence Sprawl II (Mountains Beyond Mountains). Le groupe a tellement l’air libre lorsqu’il la joue qu’il se crée une véritable communion avec le public. Soulignons pendant tout ce temps les jeux de caméras et les projections à l’arrière scène qui rehaussait les chansons, notamment pour It’s Never Over (Oh Orpheus) où Régine Chassagne dansait avec des squelettes sur la plateforme centrale.

Le rappel était tout simplement magique; avec nuls autres que le Pape et Céline Dion, venue interpréter en chair et en projection Une colombe. En plus de ce magnifique clin d’œil à la scène locale, Arcade Fire a aussi rendu hommage à des groupes aimés comme The Unicorns et Wolf Parade, dont ils ont interprété I’ll Believe in Anything, qui se retrouve sur l’album Apologies to the Queen Mary de la bande de loups. Si, comme en 1984, le spectacle avait eu lieu au Stade Olympique, Normal Person aurait sans doute fait sauter le toit. C’est d’ailleurs durant cette pièce électrisante que le parterre a été recouvert de confettis, émerveillant une fois de plus les spectateurs. Fidèle à son habitude, Régine a profité de la tribune pour déclarer son amour à Montréal, ville de créativité où tout est possible.

Puis est arrivée la magnifique (et incontournable) Wake Up; le chœur des 30 000 spectateurs réunis emplissant l’espace pour quelques minutes sous la lumière des feux d’artifice. Même si ça fait 3 ans qu’on ne l’a pas chanté ou qu’elle n’est pas en rotation régulière dans notre iPod, les mots de l’hymne de Funeral reviennent à la mémoire, comme une seconde langue apprise quelques années plus tôt qui refait surface. C’est l’extase.

We Used to Wait et l’excellente Porno sont malheureusement au nombre des grandes écartées de ce spectacle grandiose. Partout où Arcade Fire passe, le public a le privilège de voir sur scène un groupe accompli, proche de son public et au talent incomparable. Leurs soirées se traduisent en émotions pures et ce dernier concert de la tournée Reflektor ne fait pas exception. À quand une collaboration avec l’Orchestre symphonique de Montréal?

Crédit photo: ©axedumad.com

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