21e Gala Québec Cinéma

Le film 1991 triomphe

©Maryse Phaneuf/MatTv.ca

Par Marie Eve Archambault

Hier se tenait la 21e Gala Québec Cinéma dans les studios de Radio Canada. Édith Cochrane et Guylaine Tremblay étaient à leur troisième année consécutive à la barre de l’animation.

Dès 20h, lorsque les lumières se sont éteintes, une longue vidéo a démarré. Rapidement, nous avons compris qu’on nous présentait les nominés de la soirée. Pour agrémenter le tout, il y avait ce cher Benjamin, acrobate, qui nous montrait ses prouesses aériennes. Cette idée avait pour but d’introduire les deux animatrices avec un grain d’humour. L’introduction aura été le seul divertissement de la soirée. En effet, cette année, les animatrices ont fait plus de direct comme nous a expliqué Guylaine Tremblay en entrevue: Tu vois, cette année, on a fait plus d’affaires live sur scène. Les autres années avant, on avait fait des captations, on avait filmé des courtes capsules. On a quand même commencé le show 30 pieds dans les airs. On chante, on danse, du moins on essaie, sur scène.

Le film 1991, le dernier volet de la trilogie autobiographique de Ricardo Trogi, a raflé les statuettes du meilleur film et du prix du public au 21e Gala Québec Cinéma. « Je suis à moitié surpris et à moitié soulagé. Surpris, parce que à chaque gala, tu ne sais pas comment le public va réagir et ce qu’il va choisir. J’ai vraiment eu beaucoup de commentaires  de la part du public dans la rue, les épiceries et Facebook. Les gens m’expliquent à quel point ils se sentent interpellés par mes films. »

L’Iris de la meilleure interprétation féminine dans un premier rôle est allé à Debbie Lynch-White pour son interprétation de la chansonnière dans La Bolduc. L’actrice semblait émue de recevoir ce prix: « Il y a des jours où je me sentais confiante et d’autres jour où je me disais: les actrices contre qui je suis sont trop bonnes. C’est la première fois que je suis nominée en tant qu’actrice dans ma vie. » Celle-ci m’a d’ailleurs expliqué en salle de presse qu’une pression a été retirée de ses épaules lorsque le réalisateur lui a dit qu’il ne voulait pas qu’elle tombe dans l’imitation. À partir de ce moment, toute l’équipe a été dans la même direction et elle nous a raconté cette merveilleuse histoire. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle s’est mérité ce prix prestigieux.

Chez les hommes, Martin Dubreuil a reçu le trophée pour la meilleure interprétation masculine pour son jeu dans À tous ceux qui ne me lisent pas.  Tout comme son acolyte, le plus grand défi était, certes, de ne pas tomber dans l’imitation, mais aussi de ne pas décevoir les gens puisqu’il incarnait à l’écran une personne existante soit le poète Yves Boisvert. « J’avais peut d’être jugé et de ne pas rendre justice à cet homme-là. J’avais peur de ne pas être à la hauteur de ce qu’il était aux yeux des gens qui l’ont vraiment connu. »

La chute de l’empire américain s’est vu décerné le prix du film s’étant le mieux illustré à l’extérieur du Québec. À titre d’exemple, Maripier Morin expliquait que le film a été présenté dans 160 salles ce qui n’arrive jamais. Les réactions sont certes différentes, d’un pays à l’autre, mais les critiques sont dithyrambiques. « Mon plus grand défi a été de rendre Camille attachante. Je voulais être crédible et je voulais rendre le texte juste tout en restant naturelle en même temps. »

Le prix de Révélation de l’année est toujours un prix bien attendu. Parmi les 5 nominations, une seule est repartie avec l’Iris. Cette année, Émilie Bierre s’est démarqué du lot dans sa catégorie qui mettait en compétition notamment ses confrères du film La Colonie, Irlande Côté et Jacob Whiteduck-Lavoie . La jeune actrice qui a récolté des honneurs à Toronto était très heureuse que son travail soit également souligné, chez elle, au Québec. « C’est un rôle qui se joue beaucoup intérieurement. C’est un rôle qui se joue dans les regards et les silences. C’est une histoire dans laquelle je me retrouve puisque j’ai passé par-là, la quête de soi, dans mon adolescence. Mon travail a été de puiser dans ces émotions-là, celles qu’on n’extériorisent pas vraiment. » Elle sera sans doute une étoile montante à surveiller. D’ores et déjà, elle brille de tous ces feux à l’écran.

Au lendemain de la 21e édition, il est encore trop tôt pour dire si Guylaine Tremblay et Édith Cochrane reviendront l’an prochain. Toutefois, elles nous ont révélé qu’elles appréciaient bien le chiffre trois et que cela bouclerait bien la boucle, mais elles n’enlèvent pas la possibilité de revenir. Pour ceux et celles qui n’étaient pas devant leur téléviseur hier soir, voici les nominations ainsi que les gagnants.

MEILLEUR FILM

  • 1991
  • À tous ceux qui ne me lisent pas
  • La Bolduc
  • Genèse
  • La grande noirceur
  • Répertoire des villes disparues
  • Une colonie

MEILLEUR PREMIER FILM

Yan Giroux : À tous ceux qui ne me lisent pas

MEILLEURE RÉALISATION

  • Denis Côté : Répertoire des villes disparues
  • Geneviève Dulude-De Celles : Une colonie
  • Maxime Giroux : La grande noirceur
  • Yan Giroux : À tous ceux qui ne me lisent pas
  • Ricardo Trogi : 1991

MEILLEUR SCÉNARIO

  • Guillaume Corbeil, Yan Giroux : À tous ceux qui ne me lisent pas
  • Geneviève Dulude-De Celles : Une colonie
  • André Gulluni, Claude Lalonde : Origami
  • Eric K. Boulianne : Avant qu’on explose
  • Ricardo Trogi : 1991 

MEILLEURE INTERPRÉTATION FÉMININE, PREMIER RÔLE

  • Josée Deschênes : Répertoire des villes disparues
  • Debbie Lynch-White : La Bolduc
  • Brigitte Poupart : Les salopes ou le sucre naturel de la peau
  • Karelle Tremblay : La disparition des lucioles
  • Carla Turcotte : Sashinka

MEILLEURE INTERPRÉTATION MASCULINE, PREMIER RÔLE

  • Jean-Carl Boucher : 1991
  • Pierre-Luc Brillant : La disparition des lucioles
  • Martin Dubreuil : À tous ceux qui ne me lisent pas
  • Patrick Hivon : Nous sommes Gold
  • Théodore Pellerin : Genèse

MEILLEURE INTERPRÉTATION FÉMININE, RÔLE DE SOUTIEN

  • Sandrine Bisson : 1991
  • Céline Bonnier : À tous ceux qui ne me lisent pas
  • Larissa Corriveau : Répertoire des villes disparues
  • Mélissa Désormeaux-Poulin : Dérive
  • Natalia Dontcheva : Sashinka 

MEILLEURE INTERPRÉTATION MASCULINE, RÔLE DE SOUTIEN

  • Robin Aubert : Une colonie
  • Pier-Luc Funk : Genèse
  • Vincent Leclerc : La Chute de l’empire américain
  • Alexandre Nachi : 1991
  • Henri Picard : À tous ceux qui ne me lisent pas

RÉVÉLATION DE L’ANNÉE

  • Émilie Bierre  : Une colonie
  • Irlande Côté : Une colonie
  • Lévi Doré : La chute de Sparte
  • Maripier Morin : La Chute de l’empire américain
  • Jacob Whiteduck-Lavoie : Une colonie

MEILLEURE DIRECTION DE LA PHOTOGRAPHIE

  • Steve Asselin : 1991
  • Ian Lagarde : À tous ceux qui ne me lisent pas
  • François Messier-Rheault : Répertoire des villes disparues
  • Sara Mishara : La grande noirceur
  • Ronald Plante : La Bolduc

MEILLEURE DISTRIBUTION DES RÔLES

  • Nathalie Boutrie : La chute de Sparte
  • Ariane Castellanos : Une colonie (Gala des artisans)
  • Chloé Cinq-Mars : Dérive
  • Denis Côté  : Répertoire des villes disparues
  • Nolwenn Daste, Fanny Rainville, Kristina Wagenbauer : Sashinka

MEILLEURE DIRECTION ARTISTIQUE

  • Sylvain Dion, Patricia McNeil : La grande noirceur
  • Raymond Dupuis : La Bolduc (Gala des artisans)
  • Marie-Pier Fortier : Répertoire des villes disparues
  • Marie-Claude Gosselin : À tous ceux qui ne me lisent pas
  • Christian Legaré : 1991

MEILLEUR SON

  • Mimi Allard, Sylvain Bellemare, Bernard Gariépy Strobl, Claude La Haye : Allure
  • Claude Beaugrand, Michel B. Bordeleau, Luc Boudrias, Gilles Corbeil : La Bolduc (Gala des artisans)
  • Stéphane Bergeron, Olivier Calvert, Gilles Corbeil : La disparition des lucioles
  • Luc Boudrias, Frédéric Cloutier, Stephen De Oliveira : La grande noirceur
  • Sylvain Brassard, Michel Lecoufle : 1991

MEILLEUR MONTAGE

  • Michel Arcand : La Bolduc
  • Mathieu Bouchard-Malo : Genèse
  • Mathieu Bouchard-Malo : La grande noirceur
  • Elric Robichon : À tous ceux qui ne me lisent pas
  • Yvann Thibaudeau : 1991 (Gala des artisans)

MEILLEURS EFFETS VISUELS

  • Alchimie 24 – Jean-François « Jafaz » Ferland, Marie-Claude Lafontaine : La Bolduc
  • Fix Studio – Aurélia Abate, Delphine Lasserre, Bruno Maillard | Oblique FX – Benoît Brière,Louis-Philippe Clavet, Valérie Garcia, Étienne Rodrigue : Dans la brume (Gala des artisans)
  • Fly Studio – Jean-Pierre Boies, Jean-François Talbot : 1991

MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE

  • Olivier Alary : La grande noirceur
  • Philippe B : Nous sommes Gold
  • Frédéric Bégin : 1991
  • Philippe Brault : La disparition des lucioles (Gala des artisans)
  • Peter Venne : Avant qu’on explose

MEILLEURS COSTUMES

  • Caroline Bodson : Répertoire des villes disparues
  • Mariane Carter : La Bolduc (Gala des artisans)
  • Mélanie Garcia : À tous ceux qui ne me lisent pas
  • Anne-Karine Gauthier : 1991
  • Patricia McNeil : La grande noirceur

MEILLEUR MAQUILLAGE

  • Audrey Bitton : À tous ceux qui ne me lisent pas
  • Virginie Boudreau : 1991
  • Nicole Lapierre : La Bolduc (Gala des artisans)
  • Léonie Lévesque-Robert : Une colonie (ex aequo)
  • Dominique T. Hasbani : Genèse (ex aequo)
  • Dominique T. Hasbani : Répertoire des villes disparues

MEILLEURE COIFFURE

  • Nathalie Dion : À tous ceux qui ne me lisent pas
  • André Duval : La chute de Sparte
  • Daniel Jacob : 1991
  • Martin Lapointe : La Bolduc (Gala des artisans)
  • Dominique T. Hasbani : Répertoire des villes disparues

MEILLEUR FILM DOCUMENTAIRE

  • Anote’s Ark
  • L’autre Rio
  • Cielo
  • Innu Nikamu : Chanter la résistance
  • Pauline Julien, intime et politique

MEILLEURE DIRECTION DE LA PHOTOGRAPHIE, FILM DOCUMENTAIRE

  • Benjamín Echazarreta : Cielo
  • Danae Elon, Itamar Mendes Flohr : A Sister’s Song (Gala des artisans)
  • Sylvestre Guidi : New Memories
  • Alexandre Lampron : Des histoires inventées
  • Matthieu Rytz : Anote’s Ark

MEILLEUR MONTAGE, FILM DOCUMENTAIRE

  • Mila Aung-Thwin, Oana Suteu Khintirian : Anote’s Ark
  • Natacha Dufaux : L’autre Rio
  • Vincent Guignard, Alexandre Leblanc : A Sister’s Song
  • Catherine Legault :  Les lettres de ma mère
  • René Roberge : Pauline Julien, intime et politique (Gala des artisans)

MEILLEUR SON, FILM DOCUMENTAIRE

  • Claude Beaugrand, Luc Boudrias, Serge Giguère : Les lettres de ma mère
  • Bruno Bélanger, Marie-Pierre Grenier, Francisco Heron De Alencar : L’autre Rio
  • Cyril Bourseaux, Mélanie Gauthier, Simon Léveillé, Simon Plouffe, Lynne Trépanier, Jean Paul Vialard, Shikuan Shetush Vollant : Ceux qui viendront, l’entendront (Gala des artisans)
  • Olivier Calvert, Jean Paul Vialard : Pauline Julien, intime et politique
  • Andrés Carrasco, Miguel Hormazábal, Mauricio López, Alison McAlpine, Rodrigo Salvatierra,Carlo Sanchez Farías, Claudio Vargas : Cielo

MEILLEUR COURT MÉTRAGE, FICTION

  • Brotherhood
  • Fauve
  • Lunar-Orbit Rendezvous
  • Milk
  • Mon Boy

MEILLEUR COURT MÉTRAGE, ANIMATION

  • Bone Mother
  • La chambre des filles
  • Mais un oiseau ne chantait pas
  • Not Your Panda
  • Le sujet

PRIX DU PUBLIC

  • 1991
  • La Bolduc
  • La Chute de l’empire américain
  • La Course des tuques
  • La disparition des lucioles

IRIS HOMMAGE

Pierre Mignot, directeur de la photographie (Gala des artisans)

FILM S’ÉTANT LE PLUS ILLUSTRÉ À L’EXTÉRIEUR DU QUÉBEC

  • La Chute de l’empire américain
  • Cielo
  • La Course des tuques
  • La disparition des lucioles
  • Eye on Juliet

Crédit photo : ©Maryse Phaneuf/MatTv.ca

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